Hermès va rendre plus d’un tiers de son cash aux actionnaires
Hermès et LVMH ayant enterré la hache de guerre, et le groupe Arnault ne détenant plus que 9,9% du capital, le sellier du faubourg Saint-Honoré peut récompenser ses actionnaires. Fort d’une trésorerie nette de 1,4 milliard d’euros fin 2014, Hermès versera un dividende exceptionnel de 5 euros (soit un débours de 528 millions), en plus du dividende ordinaire de 2,95 euros (+9,3%). Soit un rendement global de 2,5% sur la base du cours d’hier de 312,20 euros (+0,32%).
Pour 2015, une année que le groupe de luxe invite à «savourer avec l’œil du flâneur», Hermès affiche à son habitude une certaine prudence, tablant sur une croissance interne des ventes de l’ordre de 8%, après +11% en 2014. Soit un ralentissement par rapport à l’objectif de moyen de terme de 10% par an. CM-CIC table sur 9% de croissance organique et 7% d’effet changes positif. Le consensus FactSet anticipe également un rebond de 16% des ventes cette année.
L’an dernier, le chiffre d’affaires a continué à être tiré par l’Asie (+13% en organique), qui pèse près de 46% des ventes du groupe et par les Amériques (+14,5%) mais qui ne représentent que 17% des ventes. Malgré un contexte économique difficile, l’Europe enregistre une progression de 7%. Alors que Chanel a annoncé une harmonisation mondiale de ses prix, «Hermès n’envisage ni hausse ni baisse dans le monde à court terme», a déclaré Axel Dumas, gérant du groupe de luxe. Toutes les divisions affichent des progressions à deux chiffres – notamment la maroquinerie (+15%) – hormis la soie (+7,6%) et surtout l’horlogerie (-10,6%) qui pâtit particulièrement du repli en Chine, sans perspective d’amélioration cette année.
Sans atteindre la rentabilité opérationnelle historique de 32,4% de 2013, Hermès affiche une marge de 31,5% en raison de l’impact négatif de ses couvertures de changes sur le yen avec un résultat opérationnel de 1,3 milliard d’euros (+6,7%). La marge nette se maintient néanmoins autour de 21%. «Hermès est l’acteur le mieux positionné pour tirer parti de l’affaiblissement temporaire de l’euro», note CM-CIC, qui anticipait dès la mi-février un impact favorable sur les marges entre le second semestre 2015 et le premier semestre 2017. Toutefois, les changes pèseront encore cette année sur la marge opérationnelle, a prévenu Hermès hier, estimant l’impact à 0,5 point pour les seuls effets de la baisse de l’euro.
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