Glencore aurait à surmonter de nombreux obstacles pour s’emparer de son concurrent Rio Tinto
Sans être dénué de sens, un rapprochement entre Glencore et Rio Tinto semble peu envisageable à court terme. C’est l’opinion de la plupart des analystes après que Rio Tinto a annoncé hier avoir décliné au mois d’août une proposition informelle de fusion émanant de son concurrent suisse, obligé d’attendre 6 mois pour faire une nouvelle offre. Une telle transaction aboutirait à la création du premier groupe minier mondial avec une capitalisation boursière supérieure à 160 milliards de dollars (127 milliards d’euros).
Glencore aurait ainsi accès à des gisements de minerai de fer de haute qualité, l’un de ses objectifs majeurs depuis son rachat d’Xstrata, et il augmenterait sa masse critique dans la production et le négoce de cuivre et d’aluminium. Selon UBS, «les synergies atteindraient au moins 1,5 milliard de dollars», dont plus de 600 millions issus de synergies commerciales dans les métaux et 500 millions de la réunion de leurs activités dans le charbon en Australie.
Des discussions ont eu lieu entre Glencore et le géant chinois de l’aluminium Chinalco, premier actionnaire de Rio Tinto avec 9,8% de son capital, rapporte Bloomberg. Mais cette participation a été acquise début 2008 au prix de 60 livres par action, un niveau deux fois plus élevé que le cours de clôture de Rio Tinto hier à Londres, pénalisé par la faiblesse du prix du minerai de fer.
Une offre amicale, payable principalement en titres compte tenu des contraintes de bilan de Glencore, supposerait «une prime significative sur le cours de Rio Tinto», jugent donc les analystes de JPMorgan. Ils ajoutent qu’un prix inférieur à 41 livres par action permettrait de conserver un effet relutif sur les bénéfices estimés du groupe suisse à l’horizon 2018. Il faudrait en parallèle convaincre le Qatar, qui possède 8,9% de Glencore, qu’il ne compromet pas sa rentabilité en surpayant sa cible.
Une concentration excessive dans le cuivre, le minerai de fer et le charbon pourrait d’autre part attirer l’attention des autorités de régulation chinoises. Dans l’aluminium, la forte présence du groupe au Canada, héritée d’Alcan, permettrait à ce pays de demander «de nouveaux engagements en matière d’investissements au Québec pour que la transaction passe le test d’intérêt national», estime Credit Suisse. Enfin, l’aval du bureau australien en charge des investissements étrangers (FIRB) serait sans doute facilité par la cotation du groupe élargi à Sydney.
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