Fosun se trouve dos au mur pour le Club Méditerranée
Le groupe chinois a jusqu’à ce soir pour surenchérir sur l’OPA à 23 euros d’Andrea Bonomi ou renoncer au groupe dont la valorisation laisse perplexe
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Olivier Pinaud
Village du Club Med à Guilin en Chine. Crédit Club Med
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Fosun est dos au mur. La holding de Guo Guangchang a jusqu’à ce soir 18 heures pour déposer une contre-offre sur l’OPA de Global Resorts ou renoncer au Club Méditerranée. Cet ultimatum avait été fixé par l’Autorité des marchés financiers mi-novembre pour tenter d’accélérer le tempo d’une procédure d’offre ouverte depuis 18 mois. Selon Reuters, le camp de Fosun, épaulé par le groupe brésilien Tanure, va déposer aujourd’hui une contre-offre. D’après le règlement, le groupe doit offrir au minimum 2% de mieux que les 23 euros proposés par Andrea Bonomi et son consortium Global Resorts, soit 23,46 euros. Une surenchère de 1 euro coûterait 32 millions de plus à Fosun (hors prix des Oceanes). Si contre-attaque se confirme, l’AMF donnera un délai de temps raisonnable à Global Resorts pour éventuellement répliquer.
Jamais vue en France jusqu’à présent, cette bataille boursière interminable a amené la valorisation du Club Méditerrané à des niveaux qui auraient été jugés totalement improbables il y a 18 mois. Vendredi soir, le cours de l’action cotait 23,90 euros, nettement au-dessus du dernier prix d’Andrea Bonomi. Le titre cotait moins de 14 euros avant l’annonce de l’OPA initiale de Fosun avec Ardian. Au niveau actuel, le Club Méd affiche un ratio valeur d’entreprise sur excédent brut d’exploitation d’un peu plus de 15 fois, pour l’exercice 2015, contre une moyenne de 13 fois pour le secteur des loisirs.
Un multiple d’autant plus surprenant que les résultats du Club Med se sont encore dégradés lors de l’exercice 2013-2014, clos le 31 octobre. Le groupe a stabilisé le chiffre d’affaires de ses villages (+0,2% à taux de changes constants à 1,376 milliard d’euros) mais leur résultat opérationnel a plié de 4,8% à 53 millions d’euros, pénalisé par une perte de 4 millions dans la zone Europe-Afrique. La perte nette ressort à 9 millions d’euros pour la deuxième année consécutive du fait de 13 millions de charges exceptionnelles pour couvrir la fermeture de villages en Egypte, en Tunisie et en Turquie. Le groupe dit anticiper un résultat net positif en 2014-2015, sauf nouvelle dégradation de l’environnement, grâce à une baisse de ses coûts exceptionnels qui se sont élevés à 75 millions d’euros sur les trois derniers exercices, dont 6 millions liés à l’OPA. A moins que ceux-ci dérapent encore si l’OPA s'éternise un peu plus.
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