Flamanville n’arrange pas la difficile équation financière d’EDF
Déjà obligé de s’endetter chaque année pour payer le dividende à ses actionnaires, dont 2 milliards d’euros à l’Etat, EDF fait face à une nouvelle complication financière. Le retard supplémentaire du chantier de l’EPR de Flamanville va coûter 2 milliards d’euros de plus au producteur d’électricité, soit une facture totale estimée désormais à 10,5 milliards d’euros, trois fois plus que le prix annoncé lors de la signature du contrat en 2004, en euros courants.
«Nous avons confirmé en juillet notre objectif d’atteindre un free cash-flow positif en 2018. Cette vision de moyen terme n’est pas remise en cause par l’annonce d’aujourd’hui», a assuré hier Thomas Piquemal, le directeur financier d’EDF, rappelant que d’ici à 2018 il peut y avoir «des plus et des moins».
Le principal «plus» serait une remontée des tarifs de vente de l’électricité. Dès sa prise de fonction fin 2014, Jean-Bernard Lévy, le PDG d’EDF, avait appelé à un relèvement des prix pour combler le déficit d’exploitation qui s’accumule chaque année en raison du décalage entre coûts de production de l’électricité et prix de vente final. De l’ordre de 6 milliards d’euros aujourd’hui, ce déficit ne devrait être comblé qu’à la fin de la décennie en suivant la trajectoire actuelle de remontée des prix. Mais la perspective des élections présidentielles de 2017, pour lesquelles le prix de l’énergie sert souvent d’argument de campagne, laisse peu d’espoir à un coup de pouce de ce côté-ci.
A moins d’une amélioration notable du contexte de marché, EDF va donc devoir trouver ses «plus» en interne. S’il ne dit pas son nom, un plan d’économies est déjà à l’œuvre dans tout le groupe. En début d’année, Jean-Bernard Lévy avait annoncé 3 milliards d’euros d’efforts. De même, une fois achevés les chantiers autres que Flamanville, comme l’usine de GNL de Dunkerque ou la rénovation du parc de centrales thermiques français, le groupe va lever le pied sur les investissements.
Enfin, des cessions sont envisagées. «La France, le Royaume-Uni et l’Italie sont stratégiques pour EDF. Pour les autres pays, y compris la Belgique, une revue d’actifs a été engagée», explique une source interne. Exploré par le passé, le dossier de la cession d’une partie du capital de RTE, l’infrastructure de transport de l’électricité, devrait également être rouvert, alors que l’ex-député François Brottes vient de prendre ses fonctions à la tête de la société.
Plus d'articles du même thème
-
L’espoir autour de l’Iran prolonge l’euphorie des marchés
Wall Street avait un peu accusé le coup après la première réunion de la Fed sous Kevin Warsh mercredi. Si les investisseurs obligataires restent dubitatifs, la détente sur les prix de l’énergie synonyme de moindre inflation en cas de réouverture du détroit d’Ormuz pourrait soutenir encore un peu plus les actions et l’IA. -
Les patrons du CAC 40 ont besoin d’enrichir leurs compétences pour transformer l’entreprise
Dirigeants et administrateurs relèvent un décalage important entre les compétences du directeur général et celles nécessaires pour atteindre les objectifs stratégiques. Plus que les autres pays européens, les grandes entreprises françaises privilégient un patron issu de l’interne avec un profil très opérationnel. -
Pour ses cinq ans en France, Klarna veut être considérée comme une banque
Le champion du paiement fractionné suédois a une licence bancaire depuis 2017. Il veut convaincre les Français d'utiliser ses produits bancaires présents sur sa super-app rose.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
Contenu de nos partenaires
-
Tchao PantinAvec Rima Hassan et Bally Bagayoko, la « Nouvelle France » avance désormais sans Jean-Luc Mélenchon
Lors d’un meeting-concert dédié à la Palestine, qui avait lieu mercredi soir à Strasbourg, l’eurodéputée et le maire de Saint-Denis ont prouvé qu’ils n’avaient plus besoin du paterfamilias de LFI pour « abattre la citadelle » -
LogementLes propriétaires immobiliers enfin gagnants ?
Chose promise, chose due, le projet de loi Relance logement propose d’assouplir les conditions pour bénéficier du dispositif défiscalisant Jeanbrun. Il relâche aussi la pression sur le calendrier DPE d’interdiction de location -
Droit dans le murLogement : une loi pour bâtir plus vite, vraiment ?
Le grand projet de loi Relance logement, qui sera présenté mercredi 24 juin en Conseil des ministres et que l'Opinion a consulté, promet encore et toujours de simplifier les normes pour construire dans des délais plus brefs