Enel s’apprête à augmenter le flottant de sa filiale espagnole Endesa
Après avoir lancé en septembre une offre de rachat sur les actifs d’Endesa en Amérique latine, l’énergéticien italien Enel s’apprête à poursuivre la réorganisation du bilan de sa filiale espagnole actuellement détenue à 92%. Francesco Starace, administrateur délégué d’Enel, a indiqué jeudi dernier lors d’une audience parlementaire que le niveau très élevé de cette participation était inutile «en termes de contrôle» et que la liquidité du titre Endesa était trop restreinte. Une décision à ce sujet «sera prise dans les jours qui viennent», avait alors ajouté le dirigeant.
Selon des informations rapportées hier par le quotidien Expansion, Endesa va réunir dans les plus brefs délais son conseil d’administration afin d’approuver une offre publique de vente (OPV) portant sur environ 22% de son capital. Ce placement, représentant 3,5 milliards d’euros, «pourrait avoir lieu en novembre ou en décembre», précise le journal espagnol, en ajoutant que la taille de l’opération serait la plus importante outre-Pyrénées depuis la mise en Bourse de Bankia en 2011. L’OPV, qui comprendrait une tranche réservée aux particuliers et une autre à destination des institutionnels, serait organisée par Santander et BBVA, assistés de deux banques étrangères.
Les 8,2 milliards d’euros encaissés par Endesa suite à la cession de ses activités en Amérique latine ont été reversés la semaine dernière à ses actionnaires (principalement à Enel) sous forme de dividende exceptionnel. Un second dividende exceptionnel de 6,35 milliards d’euros, destiné à accroître l’effet de levier sur son bilan, leur a également été distribué. Ceci a entraîné une division par deux de la capitalisation boursière du premier producteur d’électricité intégré espagnol, passée en trois jours de 31 milliards à 15,9 milliards d’euros.
La structure de bilan du groupe reste néanmoins inadéquate après cette rémunération exceptionnelle des actionnaires, relèvent les analystes d’Exane BNP Paribas (cf. tableau ci-joint). Ils soulignent que l’effet de levier insuffisant d’Endesa «deviendra de plus en plus inconfortable avec une génération de cash-flow libre annuelle de 500 millions d’euros» et tablent sur un renforcement d’Endesa sur son marché domestique. Plutôt qu’une reprise des activités locales d’E.ON, ils privilégient «une transaction intra-groupe», qui consisterait en un rachat des activités espagnoles d’Enel Green Power, filiale d’Enel spécialisée dans les énergies renouvelables.
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