Elliott fait des émules dans son opposition à Samsung
Elliott Associates, le hedge fund du milliardaire américain Paul Elliott Singer, s’est trouvé un allié de poids dans la bataille qu’il mène contre le projet de concentration de Samsung: il s’agit d’APG, deuxième fonds de pension le plus important au monde. Il conteste en particulier la méthode choisie par la famille fondatrice Lee, qui prépare la succession du patriarche, malade, Lee Kun-hee à la tête du chaebol.
Afin de renforcer son contrôle sur Samsung Electronics, le fleuron du groupe, la famille a lancé fin mai, via sa holding Cheil Industries, une offre publique d’achat de 8.900 milliards de wons (7,12 milliards d’euros aujourd’hui) sur Samsung C&T, filiale qui détient une participation de 4% dans Samsung Electronics. Le prix est jugé insuffisant par Elliott, car il n’offre qu’une prime dérisoire par rapport au cours de l’action. Le hedge fund est allé devant la justice et a annoncé être monté à hauteur de 7,1% au capital de Samsung C&T, devenant son troisième actionnaire.
En réponse, Samsung C&T a annoncé mercredi dernier la vente de ses 8,99 millions d’actions en autocontrôle (soit 5,8% de son propre capital) à KCC Corporation, industriel lié au chaebol Hyundai, pour 674,3 milliards de wons, un prix inférieur à l’offre de Cheil. Si les actions en autocontrôle ne sont d’aucune utilité à Samsung C&T en assemblée générale, une fois vendues, leurs droits de vote pourront être utilisés par KCC. Or, KCC devrait soutenir la famille Lee, étant donné la proximité entre chaebol dans le capitalisme sud-coréen. Tant Elliott qu’APG s’opposent à cette opération.
Les actions en autocontrôle «ne doivent pas servir de munitions pour protéger les actionnaires majoritaires en prévision d’une succession», a répondu Park Yoo-kyung, responsable de la gouvernance de la gestion d’actifs d’APG en Asie, dans un entretien à Bloomberg. «KCC est un mauvais allié, parce qu’il est lui aussi confronté à des problèmes de gouvernance vis-à-vis de ses actionnaires. Solliciter son aide ne favorise pas l’image de Samsung», ajoute-t-il.
Si APG ne détient que 0,3% de Samsung C&T, son opinion compte dans la mesure où il gère plus 432 milliards d’euros d’actifs à travers le monde. Le conflit s’envenime tant qu’il est vécu comme le procès – justifié ou non – du capitalisme sud-coréen. Tandis que plusieurs gérants et analystes locaux légitiment la position d’Elliott et d’APG, les médias locaux et les chaebol pourfendent les «spéculateurs étrangers».
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