Certains actionnaires tentent à nouveau de contester la gouvernance d’Oracle
La contestation des dirigeants de grands groupes par les actionnaires institutionnels, sensible depuis deux ans, ne faiblit pas. Dans un article publié hier par le Financial Times et dont les informations ont été depuis confirmées par les intéressés, deux fonds de pensions européens – le néerlandais PGGM et le britannique Railways Pension Trustee Company (Railpen) – ont écrit à la direction d’Oracle pour se plaindre de l’influence de Larry Ellison, co-fondateur et principal actionnaire de l’éditeur de logiciels américain (avec environ 25% de son capital).
Les deux fonds lui reprochent notamment une rémunération excessive, ainsi que l’absence de communication avec les investisseurs. Larry Ellison a touché au total 67 millions de dollars l’année dernière. Ils réclament qu’Oracle «aborde le sujet de la comptabilité du conseil d’administration en autorisant son accès à un représentant des actionnaires» et «mette en œuvre une structure de rémunération que les actionnaires puissent accepter». Les deux fonds ont ajouté que la lettre serait déposée lundi (hier) auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme de la Bourse américain.
Les chances de succès de cette initiative sont toutefois sujettes à caution. La lettre est la dernière manifestation d’une campagne de 4 ans menée par PGGM et Railpen. «La manière dont nous avons été rabroués est inédite. C’est la première fois que nous avons exprimé des inquiétudes légitimes au sujet de la gouvernance d’une entreprise pendant quatre ans sans avoir pu en discuter avec le conseil d’administration», indique Catherine Jackson, conseiller aux investissements responsables chez PGGM, contactée par Bloomberg.
En outre, le poids des deux fonds est faible: ils cumulent un peu plus de 7 millions d’actions Oracle (dont une majorité détenue par PGGM, soit seulement 0,08%), alors que le nombre de titres du groupe en circulation atteint près de 4,4 milliards. En septembre dernier, PGGM et quatre autres investisseurs institutionnels avaient soumis une résolution en prévision de l’assemblée générale de novembre demandant la nomination d’administrateurs indépendants par l’ensemble des actionnaires, à concurrence d’un quart des membres du conseil. Mais la résolution n’a pas réuni suffisamment de suffrages. Une autre tentative de ce type avait échoué en 2013.
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