Assystem fait de l’ingénierie nucléaire sa marque de fabrique
Le numéro quatre mondial du marché vise environ 100 millions d’euros de chiffre d’affaires en plus, dans un secteur plus rentable que ses autres activités.
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Olivier Pinaud
Iter n’est encore qu’une dalle de béton. Mais dans une quinzaine d’années et après, au bas mot, plus de 13 milliards d’euros d’investissements apportés par 35 pays (Etats-Unis, Union européenne, Russie, Chine, Inde, Japon, Suisse et Corée du Sud), un petit soleil de quelques minutes surgira du réacteur en cours de construction dans le sud de la France. Expérimental, ce Tokamak confirmera, ou non, la capacité de l’homme à produire dans des conditions économiques acceptables de l’électricité par la fusion, technologie plus puissante et censée être moins dangereuse que la fission utilisée par les 434 réacteurs nucléaires en activité dans le monde.
«C’est potentiellement l’énergie du 22e siècle», pétille Dominique Louis, le PDG et premier actionnaire d’Assystem, devenu majoritaire fin 2013 avec l’appui de Tikehau.
Iter, Assystem en a fait l’une de ses cartes de visite. A la tête du consortium Engage, le groupe d’ingénierie a décroché sur place son plus gros contrat de maîtrise d’œuvre: 150 millions sur dix ans. Avec l’espoir d’en gagner d’autres, notamment le génie civil de l’installation du Tokamak.
Régulé par les Etats, le nucléaire offre un avantage: sa visibilité. «Nous sommes sur des temps de décision extrêmement longs. Mais une fois enclenché, le projet dure longtemps», apprécie Stéphane Aubarbier, vice-président exécutif d’Assystem en charge de l’énergie. Une centrale nucléaire classique coûte entre 6 et 8 milliards d’euros et, par la suite, son exploitation demande encore 80% de cette somme. Cette ingénierie est également plus rentable. Assystem y dégage une marge de 9% à 10%, quasiment 2 points de mieux que celle du groupe.
Né à la fin des années 80 dans le giron de la Cogema, Assystem a profité de la montée en puissance d’EDF pour devenir le numéro quatre mondial de l’ingénierie nucléaire. «Etre attelé à la figure de proue du nucléaire mondial est un avantage», reconnaît Stéphane Aubarbier. Assystem va ainsi monter en puissance sur le projet britannique d’EDF d’Hinkley Point.
Mais le groupe mise aussi sur le développement de la technologie dans le Golfe. Stéphane Aubarbier s’est installé aux Emirats Arabes-Unis alors que le pays envisage de construire potentiellement huit centrales. Cinq autres pays ont des dossiers bien avancés auprès de l’AIEA pour se lancer dans le nucléaire. D’ici à 2020, le chiffre d’affaires d’Assystem dans le nucléaire pourrait monter à 270 millions d’euros, 100 millions de plus qu’en 2014.
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