Airbnb profite des largesses du marché privé du capital américain
Le Nyse et le Nasdaq ont fort à faire. Depuis quelques mois, les noms les plus emblématiques de l’internet américain et mondial (Uber, Snapchat, Airbnb…) profitent de l’abondance de capitaux sur le marché privé pour lever des fonds plutôt que d’aller en Bourse. Airbnb devrait ainsi boucler d’ici à la fin du mois de juin une levée de fonds de 1 milliard de dollars, selon le Wall Street Journal.
Créé en 2008, le site de réservation d’hébergements entre particuliers serait ainsi valorisé 24 milliards de dollars, soit plus du double de la valeur issue de sa précédente levée de fonds en mars 2015 (400 millions). En mai, Snapchat avait de son côté récolté 650 millions de dollars pour une valorisation de 15 milliards. Le milliard récemment levé par Uber porterait sa valeur à près de 50 milliards.
Uber, Snapchat et Airbnb confirment un mouvement de fond. En mars dernier, la société Triton Research avait calculé que le montant levé par des sociétés de technologies sur le marché privé depuis début 2015 dépassait déjà 7 milliards de dollars, soit plus que les 6,5 milliards de dollars récoltés en Bourse par le même type d’entreprises (en retirant Alibaba) sur l’ensemble de l’année 2014.
Récemment, Evan Spiegel, le cofondateur de Snapchat, avait reconnu que son groupe se posera à terme la question d’une IPO. Mais pour l’instant, les capitaux des fonds de private equity ou des industriels comme le chinois Alibaba suffisent à répondre à leurs besoins de financement. TPG Growth, la division du fonds d’investissement américain dédiée aux sociétés de croissance, vient par exemple de doter son troisième véhicule de 3 milliards de dollars.
En outre, les difficultés actuelles de Twitter prouvent que ces modèles sont encore trop jeunes pour la Bourse. Si Airbnb promet dans la présentation faite récemment à ses investisseurs 10 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2020, avec 3 milliards d’Ebitda, le site n’est pas encore rentable. Sa perte opérationnelle est estimée à 150 millions d’euros pour 2015.
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