Afren s’accorde avec ses créanciers au prix d’une dilution massive
La compagnie pétrolière Afren, qui avait fait défaut début mars, a annoncé vendredi être parvenue à un accord avec ses créanciers – lequel induit un échange de dette contre une participation au capital. Impliquant une très forte dilution des actionnaires existants (ils ne contrôleront que 11% du groupe après la restructuration), l’accord a provoqué l’effondrement de l’action à la Bourse de Londres.
Afren a obtenu un accord conditionnel des créanciers détenant 42% du montant des obligations à échéance 2016, 2019 et 2020, et qui forment le comité ad hoc. L’objectif est de gagner du temps pour mettre en place le reste de la recapitalisation. Dans un premier temps, les membres du comité souscriront à 200 millions de dollars sous forme de titres de placement privé (private placement note, PPN) super senior, dont l’émission est prévue fin mars.
«Ce financement intérimaire apportera la liquidité initiale au groupe et laissera le temps d’achever la recapitalisation qui a été acceptée dans son principe par le comité ad hoc et une majorité des prêteurs de la facilité ‘Ebok’ de 300 millions de dollars», indique le groupe dans un communiqué. Cette dernière avait été structurée pour financer l’exploitation du champ offshore d’Ebok, au Nigeria.
La recapitalisation elle-même – approuvée par le comité ad hoc et par les créances représentant plus de 67% de la valeur de la facilité Ebok – prévoit de refinancer les PPN par 321 millions de dollars d’obligations high yield, «qui permettront à l’entreprise de bénéficier d’un apport supplémentaire de 100 millions de dollars net comptant», précise Afren. Ces obligations porteront un taux d’intérêt de 15%, dont la moitié payable en nature (in kind).
En outre, 25% des obligations 2016, 2019 et 2020 (soit 230 millions de dollars) seront convertis en capital, tandis que les 75% restants seront remplacés par deux tranches de 345 millions de dollars à 2019 et 2020, avec un coupon de 9,1%. Enfin, 75 millions de dollars d’actions nouvelles seront proposés à l’ensemble des actionnaires, «afin de leur permettre de participer à la restructuration et d’apporter une liquidité supplémentaire au titre», indique le groupe. A terme, la dette nette du groupe doit passer de 1,73 à 1,67 milliard de dollars.
Afren n’est pas la seule compagnie à être affectée par la chute des cours du pétrole. American Eagle Energy a également annoncé début mars qu’il ferait défaut sur une échéance. Il négocie toujours avec ses créanciers.
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