UBS solde les actifs des Docks Lyonnais pour rembourser ses investisseurs
UBS a fait un pas en avant en direction de clients lésés par les conséquences de la faillite de Lehman Brothers. UBS a cédé les actifs de sa société foncière des Docks Lyonnais à Abu Dhabi Investment Authority (Adia) pour environ 750 millions d’euros. L’information, parue jeudi dans le Figaro, a été confirmée à L’Agefi par des proches de la banque suisse, qui n’a souhaité faire aucun commentaire.
La transaction devrait se conclure mi-décembre et arrive à point nommé. UBS s’était donné jusqu’à fin 2013 pour céder ce portefeuille, notamment constitué d’un immeuble de bureaux au 6-8 boulevard Hausmann à Paris, de l’immeuble Capitole à Nanterre (65.000 m² occupés entre autres par Alcatel), d’un parc d’activités à Anthony et de pieds d’immeubles dans le quartier Grolée à Lyon.
Les Docks Lyonnais ont été acquis en 2005, via un véhicule ad hoc, par un consortium réunissant un fonds immobilier d’UBS – Continental European Property (CEPF) – et le gérant Shaftesbury. Ce dernier ne détenait que 5% du capital (associés à certains droits), mais avait signé un contrat ferme de gestion du portefeuille d’une durée de quinze ans.
La vente marque l’issue d’un processus laborieux. UBS a échoué à trouver un acquéreur pour les Docks Lyonnais en 2010. Le contrat de gestion de quinze ans a pu être considéré comme un obstacle. «Il est naturel qu’un acquéreur veuille confier la gestion à un partenaire de confiance, avec qui il travaille déjà», indique un consultant spécialisé. En outre, les Docks Lyonnais allaient perdre à la fin de la même année leur statut fiscalement attractif de Siic (Société d’investissement immobilier cotée).
La cession n’en était pas moins indispensable. «En décembre 2008, suite à la faillite de Lehman Brothers, la banque a placé en liquidation amiable son véhicule Global Property Fund (GPF), dont CEPF est une filiale. Le produit de la vente, net du remboursement de la dette d’acquisition d’origine, doit donc revenir in fine aux investisseurs de GPF», indique un acteur de ce dossier au long cours.
Dans de telles conditions, il n’est pas surprenant qu’UBS ait réalisé une moins-value. D’autant moins que les acquisitions du portefeuille ont été faites au plus haut du marché, entre 2005 et 2007. «2007 constitue l’année de référence en France, avec 27 milliards d’euros de transactions immobilières. UBS n’est pas le premier à enregistrer une moins-value», relativise le consultant.
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