UBS et le Crédit Agricole récoltent un peu du fruit de leurs efforts
Une autorité peut parfois apporter une bonne nouvelle aux banques. C’est ce qui est arrivé hier à UBS et au Crédit Agricole: leur importance est considérée moins déterminante qu’avant. Le Conseil de stabilité financière (Financial Stability Board, FSB) a actualisé hier les listes des banques et des assureurs qu’il considère comme «d’importance systémique mondiale» (G-SIB et G-SII, pour global systemically important banks/insurers); il a déclassé UBS et le Crédit Agricole d’une catégorie.
Ce n’est pas tout à fait anecdotique: le FSB a en conséquence réduit de 0,5 point de pourcentage son exigence en fonds propres durs (common equity tier one) supplémentaires au-delà du minimum réglementaire. Etant donné que les banques se sentent entravées dans leur développement par les exigences des régulateurs, UBS et le Crédit Agricole devraient accueillir cette nouvelle avec satisfaction.
«Le changement […] est le reflet cumulé d’informations de meilleure qualité, de changements dans les activités des banques et d’une évolution dans l’analyse du superviseur», indique le FSB. En l’occurrence, les deux établissements récoltent les fruits d’une baisse sensible du risque dans leurs activités. UBS a ainsi réduit ses actifs pondérés de près de 13% en 2013, essentiellement en taillant dans son pôle de trading sur les taux. Crédit Agricole a notamment cédé ses courtiers sur titres et dérivés Cheuvreux et Newedge, son courtage en Asie (CLSA), sa filiale grecque Emporiki et son portefeuille de créances hypothécaires aux Etats-Unis.
A l’origine de la notion de G-SIB et de G-SII, en novembre 2011, le FSB a voulu adopter un traitement spécifique pour les institutions financières, dont d’éventuelles difficultés pourraient affecter l’ensemble du système financier. En utilisant les méthodes de calcul du Comité de Bâle, le FSB a ainsi identifié 30 banques «G-SIB», qu’il a classées dans cinq paniers (buckets) selon leur importance relative. En fonction du panier dans lequel ils se situent, ces établissements doivent accumuler un coussin de sécurité (buffer) compris entre 1 point et 3,5 points de ratio de fonds propres durs supplémentaires – sachant qu’aucune banque ne figure au panier 5 (à 3,5%). UBS et le Crédit Agricole passent dans le panier 1 (à 1%).
L’équivalent pour les assureurs en est à un stade moins avancé. Selon la liste communiquée hier, sont considérés comme G-SII Allianz, AIG, Generali, Aviva, Axa, MetLife, Ping An, Prudential Financial et Prudential plc.
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