Oséo s’oriente vers l’après-crise à partir de 2011
Très mobilisée depuis la faillite de Lehman Brothers autour du soutien aux PME et ETI françaises, Oséo, qui vient de se transformer en société anonyme, veut passer à l’étape suivante. Son président François Drouin a d’abord dressé hier un bilan positif de l’exercice 2010. L’entreprise publique, qui n’intervient jamais seule, a soutenu 80.000 entreprises.
Celles-ci ont obtenu, grâce à son intervention, 29 milliards d’euros d’apports (+16%). Sur ce total, 1,9 milliard proviennent de financements de l’innovation (subventions, avances remboursables…), 9,2 milliards (+9%) ont soutenu l’investissement des entreprises, sous la forme de garanties de prêts bancaires et de cofinancements, et 9 milliards (+80%) sont des financements mis en place aux côtés de banques et de fonds d’investissement. Cette catégorie comprend 2,4 milliards d’euros de contrats de développement participatif (CDP) – prêts de type mezzanine.
Concernant la conjoncture économique, François Drouin s’est voulu rassurant. «La reprise est là, note le dirigeant. Le chiffre d’affaires des sociétés que nous couvrons a progressé en moyenne de 3,6% en 2010, alors qu’elles anticipaient une croissance de 1%. Leur trésorerie a retrouvé ses niveaux précédant la crise et les perspectives de recrutement s’accélèrent». L’année dernière, le montant des sinistres s’est avéré inférieur aux prévisions, à 197 millions d’euros en cumulé.
Cette embellie se traduira notamment par l’arrêt des garanties de prêts de trésorerie: ces dernières, mises en place dans le cadre du plan de relance, avaient déjà reculé de 36% en 2010, à 2,3 milliards d’euros. Le groupe public ne consacrera plus son activité de garantie qu’à l’investissement.
En surplus de ses ressources prévues dans son budget triennal, Oséo – dont le capital a été renforcé de 438 millions d’euros en début d’année – s’est vu confier 2,5 milliards d’euros dans le cadre du programme d’investissements d’avenir, à mobiliser sur deux ans (dont un milliard en CDP). Par ailleurs, le groupe s’est notamment engagé à financer l’innovation à hauteur de 650 millions, à apporter 2,1 milliards en cofinancement aux côtés des banques pour financer 6 milliards d’euros d’investissements et à garantir 1,3 milliard d’euros de prêts.
Enfin, pointant le retard français, Oséo souhaite doubler, à 320, le nombre d’entreprises financées dans le cadre des programmes européens de R&D en 2011.
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