McGraw Hill conforte son pôle d’information financière avec SNL
SNL Financial vient enrichir la palette de McGraw Hill. Le groupe américain, actionnaire de l’agence Standard & Poor’s, a confirmé le rachat du fournisseur de données et d’informations financières SNL pour 2,22 milliards de dollars (2 milliards d’euros). Le vendeur, le fonds d’investissement New Mountain Capital, avait pris le contrôle de SNL en juin 2011.
Le groupe SNL Financial a été fondé en 1987 aux Etats-Unis, à l’origine pour se concentrer sur le secteur des caisses d’épargne (savings & loans). Il s’est spécialisé dans la fourniture de données et d’informations sur les secteurs de la banque (52% des revenus), de l’assurance, de l’immobilier, de l’énergie et des médias. Il n’a cessé ces dernières années de racheter de petits services d’information spécialisés, d’où une croissance de ses revenus de 16% par an depuis 2012. Ses concurrents sont ThomsonReuters ou Markit.
Les revenus de SNL ont l’avantage d’être à deux tiers récurrents, sous forme de souscription. Ils devraient atteindre 255 millions d’euros en 2015, pour une marge supérieure à 20%, mais inférieure à celle du secteur (30% environ). En intégrant un gain fiscal de 550 millions, McGraw Hill estime que son multiple d’acquisition en 2017 tomberait à environ une quinzaine de fois («mid-teens») l’Ebitda.
Le groupe complètera deux des services de McGraw Hill: S&P Capital IQ, pour la partie institutions financières, et Platts, l’une des agences qui établit les prix des matières premières. L’acquéreur a identifié 70 millions de dollars de synergies annuelles à partir de 2019. Les investisseurs semblent moins enthousiastes: l’action McGraw Hill a plongé de plus de 6% en séance hier. «Nous ne sommes pas sûrs que les investisseurs espéraient voir une acquisition majeure renforcer S&P Capital IQ, par opposition aux activités à plus fortes marges et moins concurrentielles telles que la notation et les indices», notaient hier les analystes d’UBS.
Fondée ou non, l’offensive de McGraw Hill confirme en tout cas l’effervescence actuelle sur le marché de l’information financière. Dans le secteur des médias financiers stricto sensu, Pearson vient d’annoncer la vente du Financial Times au Nikkei et négocie celle de ses 50% dans The Economist aux actionnaires de l’hebdomadaire, pour se recentrer sur l'éducation. Il avait cédé Mergermarket à BC Partners en 2013. McGraw Hill a suivi le chemin inverse en cédant son pôle éducation à Apollo il y a trois ans.
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