L’intérêt des investisseurs pour le continent africain se renforce
Les opérations intra-africaines ont fortement augmenté cette année, selon Mergermarket. Les services financiers constituent une cible de choix.
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Antoine Duroyon
Malgré la crise liée au virus Ebola dans sa partie occidentale, le continent africain reste attractif pour les investisseurs. Selon la troisième édition de l'étude «Deals Drivers Africa» publiée par Mergermarket, l’activité de fusions-acquisitions y a augmenté sur les neuf premiers mois de l’année de 7% en volume en glissement annuel, avec 181 opérations, et décliné de 25% en valeur à 19,1 milliards de dollars.
Le rapport tire plusieurs constats des trois premiers trimestres de l’année, dont une tendance à la hausse des opérations intra-africaines. Leur valeur cumulée a quadruplé pour atteindre 13,5 milliards de dollars, tandis que leur nombre a progressé de 3% (à 99 opérations). Traditionnellement en retrait sur le continent, les fonds de private equity ont également renforcé leur présence, avec 21 transactions (+21%) pour une valeur de 1,3 milliard de dollars (+7%). KKR a notamment racheté le floriculteur éthiopien Afriflora pour 200 millions de dollars. D’un point de vue sectoriel, les TMT (technologie, médias et télécoms) ont représenté le secteur le plus dynamique, avec 26 transactions (+53%) pour une valeur de 6,9 milliards de dollars (+ 471% sur un an).
Pour les douze prochains mois, plus d’un expert sondé sur deux s’attend à ce que l’activité de fusions-acquisitions se développe fortement en Afrique. Les répondants (banquiers d’affaires, avocats...), au nombre d’une centaine, misent sur une multiplication des opérations dans les secteurs liés à la consommation, dont les biens et les services financiers. Une tendance à laquelle ont déjà répondu deux groupes français. Dans les biens de consommation, Danone a racheté 40% du capital du groupe kenyan Brookside Dairy. «Le rachat aidera la société à bâtir une plate-forme pour s'étendre en Afrique de l’Est, du Kenya à l’Ouganda et à la Tanzanie», rappelle le rapport.
«L’apparition de multinationales régionales donne aux investisseurs une porte d’entrée unique sur plusieurs marchés», explique Stéphanie Lhomme, directrice générale France du cabinet Control Risks qui a participé à l'étude. Dans les services financiers, l’assureur Axa a pris le contrôle de la compagnie nigériane Mansard Insurance pour près de 200 millions d’euros. Le Nigeria, première économie africaine après son retraitement du PIB, est d’ailleurs cité comme étant la cible la plus attrayante par les acquéreurs africains, devant le Kenya et l’Afrique du Sud.
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