L’Euribor va entamer sa mue dès cette année pour être plus sécurisé
Alors que les législateurs européens progressent dans l’encadrement des indices de référence de marché, l’Euribor s’apprête à faire sa mue dès cette année vers un indice basé sur des transactions réelles. Vendredi dernier, les représentants des Etats membres de l’Union ont trouvé un compromis sur le règlement encadrant les «benchmarks». Ils vont devoir trouver un accord avec les eurodéputés qui voteront sur le texte le 9 mars prochain en commission.
Proposé en 2013 par la Commission, le règlement veut tirer les leçons des affaires de manipulation des indices de référence, qui se sont multipliées depuis 2012.
Les Etats membres prévoient que les administrateurs d’indices soient encadrés par le régulateur du pays où ils sont basés, c’est-à-dire le régulateur belge pour l’Euribor. Pour les benchmarks jugés cruciaux, ces régulateurs coordonneront un collège de régulateurs nationaux. «Si on a besoin d’une décision rapide, nous ne pensons pas que ce soit efficace», déplore Guido Ravoet, directeur d’Emmi, l’organisation qui administre l’Euribor. Si le banquier se dit globalement satisfait de la proposition du Conseil, ce dernier aurait souhaité que le régulateur européen des marchés, l’Esma, soit chargé de la supervision de l’Euribor. Cette solution semblait cependant difficile à imposer à la Grande-Bretagne qui a déjà placé le Libor sous la supervision de son régulateur national, la Financial Conduct Authority.
Dans la ligne des recommandations des régulateurs internationaux, Emmi compte passer rapidement à un Euribor basé sur des transactions réelles et non sur des estimations. De quoi rendre le risque de manipulation «presque inexistant», selon Guido Ravoet. Il aurait souhaité que l’Esma puisse prendre des mesures pour assurer un passage «sans aucune perturbation du marché» vers cet «Euribor+» mais les législateurs ne devraient pas privilégier cette voie. Emmi compte donc réaliser une transition en deux temps. Avant l’été, les 25 banques du panel devraient utiliser la nouvelle définition de l’Euribor, qui reflète leurs coûts de financements à court terme et non sécurisés. D’ici au 1er trimestre de 2016, l’administrateur devrait avoir mis en place la collecte des transactions réelles pour établir l’Euribor+.
Emmi travaille par ailleurs à la renaissance d’un indice reflétant le coût des financements sécurisés. Ceux-ci se sont beaucoup développés mais l’administrateur a dû arrêter en janvier de publier son indice dédié, l’Eurepo, faute de contributeurs.
Plus d'articles du même thème
-
Segro accepte de soutenir la dernière offre de rachat de Prologis
L’entreprise de logistique britannique a finalement accepté la quatrième offre de reprise de son concurrent américain Prologis pour 14 milliards de livres. -
Les taux français à 10 ans passent la barre des 4%
Le rendement de l'OAT 10 ans est au plus haut depuis la crise financière de 2008. Le rebond des prix de l'énergie et les anticipations de resserrement monétaire font décaler à la hausse l'ensemble des courbes de taux des pays développés. -
Sartorius Stedim Biotech est sanctionné en Bourse après des ventes décevantes
Le chiffre d'affaires du groupe a été pénalisé par des remboursements de droits de douane américains accordés aux clients. Les dirigeants confirment leurs objectifs annuels.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- L'Europe se prépare à alléger les exigences en capital de ses banques
- La BFI de Bred Banque Populaire veut tout avoir d’une grande
- Axa sort du capital d’Ardian au profit des Assurances du Crédit Mutuel et de Wafra
- Le secteur technologique donne des signes de craquements en Bourse
- Une dose de paramétrique peut venir au secours de l’assurance catastrophes naturelles
Contenu de nos partenaires
-
Global BritainAntonia Romeo, la calculette d’Andy Burnham, va au charbon
Cette personnalité, ni ringarde, ni doucerette, est protocolairement et organiquement numéro deux de l’actuelle équipe travailliste -
7/28Un été d'essais politiques : 1975, Olivier Guichard s’invite à vos noces
Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés -
Sur la route du Tour avec MacronDu roi thaumaturge à la dure loi de la Ve République, les espoirs déçus du décennat Macron
SERIE (12/13). A l’occasion du Tour de France 2026, l’Opinion parcourt l’étape du jour à la recherche des traces de la décennie Macron. Ce jeudi, le peloton s'attaque aux Alpes, reliant Voiron (Isère) à la station d'Orcières-Merlette (Hautes-Alpes).