L’état des marchés force l’Espagne à décaler un vaste programme de titrisation
Faut départ pour Titulizacion de Activos. La structure destinée à titriser les créances que détiennent plusieurs groupes espagnols sur l’Etat devait lancer hier la première tranche de son programme après avoir reçu l’aval de la CNMV, le gendarme des marchés financiers espagnol. Mais quelques heures à peine après son ouverture, ce programme a dû être suspendu. «Il est plus raisonnable d’attendre une période plus calme», soulignait un gérant local au vu de la hausse continue des rendements espagnols.
En revanche, il s’agit d’une mauvaise nouvelle pour Iberdrola et les autres utilities espagnoles qui attendent depuis plusieurs mois ce programme pour réduire leur levier. Car c’est bien là toute l’utilité de cette titrisation innovante dévoilée un peu plus tôt dans l’année (L’Agefi du 2 septembre).
Le gouvernement s’est engagé à couvrir le manque à gagner de ces groupes à cause des tarifs réglementés. La dette garantie par le gouvernement dans le bilan des compagnies d’électricité espagnoles s’est envolée ces dernières années pour atteindre aujourd’hui près de 14,6 milliards d’euros. Une situation due notamment à des investissements massifs dans les secteurs éolien et solaire. Les principales créances concernent Iberdrola (3,7 milliards) et Endesa (7,7 milliards) Les produits de la mise sur le marché des titres doivent donc servir aux sociétés de services aux collectivités pour couvrir la différence entre leur coût de production et les tarifs réglementés, c’est-à-dire le déficit tarifaire.
Concrètement, il est prévu que les sociétés espagnoles monétisent leurs droits sur l’Etat en les cédant à Titulizacion de Activos qui placera les titres sur le marché, Une manière de récupérer rapidement de la trésorerie plutôt que d’attendre que le gouvernement rembourse ses dettes. Le programme porte sur un montant de 13,5 milliards d’euros, extensible jusqu’à 23 milliards. En septembre, la presse locale évoquait le placement d’une tranche entre 3 et 5 milliards d’euros et un programme couvrant les maturités 3 à 10 ans.
«Nos estimations incluent un retour de 20% sur le déficit tarifaire pour chaque groupe cette année et de 50% par la suite», écrivait Caja Madrid avant le gel du programme.
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