Les traders pour compte propre migrent vers le secteur non régulé

Vouée à l’inactivité, une équipe de neuf traders a décidé de quitter Goldman Sachs pour monter un fonds d’arbitrage actions chez KKR
Patrick Aussannaire

Les banques poursuivent leur mutation pour se mettre en conformité avec les nouvelles règles bancaires, pour le plus grand bonheur des sociétés de private equity, en quête de diversification. Et Goldman Sachs (GS) ne déroge pas à cette tendance. En se délestant de sa Principal Strategies Unit, la banque de Wall Street laisse ses activités de trading pour compte propre orphelines. Même si la règle Volcker limitant les activités des banques dans ce domaine ne sera pas effective avant 2014, elle contraint les traders à migrer vers les fonds d’arbitrage, ce que les meilleurs d’entre eux faisaient déjà.

Dernier transfert en date, et pas des moindres: une équipe de neuf prop traders officiant pour le compte de GS à New York vient d’être débauchée par Kohlberg Kravis & Roberts (KKR). L’équipe, dirigée par Bob Howard, aura pour tâche de lever des fonds auprès d’investisseurs extérieurs pour créer un nouveau fonds d’arbitrage actions qui devrait être lancé dès 2011et constituera une vitrine du développement de KKR dans la gestion actions. Le groupe a déjà lancé une activité de gestion d’actifs sur les taux, ainsi qu’une division de marché de capitaux qui émet des titres à destination des entreprises.

A l’instar des autres poids lourds du secteur (Carlyle, Blackstone, Bain Capital, TPG et Apollo Management), KKR, qui serait sur le point de faire une offre de rachat de la branche d’investissements immobiliers d’ING selon Bloomberg, profite des nouvelles contraintes bancaires pour se diversifier en faisant main basse sur ces actifs. En 2004, sur les 15,1 milliards d’actifs de KKR, 95% provenaient des activités de LBO. En 2010, cette proportion est tombée à 75% sur un total de 54,4 milliards de dollars.

Les activités de trading pour compte propre de Goldman, qui emploient 70 personnes, représentaient 10% de l’activité de la banque en 2009. L’enjeu est donc de taille et les banques cherchent déjà des moyens de contourner les règles. Ainsi, même s’ils n’en ont plus le contrôle, Goldman Sachs et Morgan Stanley conservent un intérêt, fut-il minoritaire, dans leurs activités de gestion. Credit Suisse a, quant à lui, pris une participation de 30% au sein de York Capital Management qui gère aujourd’hui 14 milliards de dollars, alors que JPMorgan a réaffecté ses traders vers sa filiale de gestion d’actifs.

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