Les réticences du consommateur américain
Contrairement aux attentes des économistes, les ventes au détail ont été stables en juillet aux Etats-Unis, selon les données publiées vendredi par le département du Commerce. Ce constat a été interprété par les marchés comme une réticence des consommateurs américains à dépenser, ce qui pourrait peser sur la croissance attendue de l'économie d’outre-Atlantique au troisième trimestre.
En juin, les ventes au détail avaient pourtant augmenté de 0,8%, selon les données révisées du département du Commerce (0,6% initialement).
Déçus par les ventes de détail, les marchés n’ont trouvé guère de réconfort avec la publication des prix à la production aux Etats-Unis pour juillet toujours. Les prix ont enregistré une baisse inattendue, reflétant le recul des coûts de l'énergie et des services, selon les statistiques publiées vendredi par le département du Travail.
Les analystes constatent que l’inflation peine à redécoller, ce qui pourrait compromettre ou au minimum reporter dans le temps une nouvelle hausse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale.
L’indice des prix à la production pour la demande finale a baissé de 0,4% le mois dernier, son premier repli depuis le mois de mars, après avoir progressé de 0,5% en juin. Sur les 12 mois à fin juillet, l’indice «PPI» est en baisse de 0,2% après une hausse de 0,3% en juin.
Après la déception sur la croissance au deuxième trimestre (1,2% en rythme annualisé CVS), les économistes se réconfortent avec les indices PMI des Etats-Unis qui « montrent que la croissance se maintient et devrait s’accélérer au second semestre, une fois les obstacles liés aux stocks et au secteur énergétique écartés », explique BNP IP dans sa note hebdomadaire sur la stratégie du 10 août. Mais elle souligne aussi que « les investissements des entreprises ont à nouveau déçu » ces derniers mois, et qu’ « à en croire les derniers chiffres de commandes de biens durables, la situation n’est pas près de changer ».
Le département du Commerce a fait état, ce vendredi, d’une progression des stocks des entreprises de 0,2%, comme au mois de mai, signe que les efforts des entrepreneurs pour écouler leurs stocks commencent à porter leurs fruits.
L’évolution des investissements des entreprises, condition de la modernisation de l’appareil de production, devient une source de préoccupation dans le contexte d’une productivité mal orientée aux Etats-Unis. Au deuxième trimestre, la productivité s’est inscrite en baisse. « Pour la première fois depuis 1979, la croissance de la productivité baisse sur trois trimestres consécutifs », note Christopher Dembik, responsable de la recherche chez Saxo Bank. « En juin dernier, Janet Yellen, la présidente de la Fed, avait déjà exprimé son inquiétude à ce propos, appelant en filigrane le gouvernement à s’attaquer à ce problème. Si le mouvement perdure, cela aura un impact direct et profond sur la croissance du PIB potentiel aux Etats-Unis », ajoute-t-il.
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