Les fonds français de private equity rivalisent pour séduire la Chine
La visite du premier ministre chinois en France début juillet a porté ses fruits pour le capital-investissement français. Plusieurs acteurs ont signé des conventions pour le lancement de fonds franco-chinois. Idinvest veut attirer les capitaux du pays en Europe en levant des fonds auprès d’institutions et entreprises chinoises, tout comme FC Global, une structure créée ad hoc et contrôlée par Xavier Marin, le président de Fondations Capital.
Face à eux, la société de gestion franco-chinoise Cathay Capital inaugure un quatrième véhicule transnational soutenu par ses sponsors historiques Bpifrance et China Development Bank. Elle dédie son nouveau fonds aux start-up basées en Europe, en Chine, mais aussi aux Etats-Unis. «Il est difficile de parler d’innovation sans avoir une dimension américaine. C’est pourquoi nous avons recruté un nouvel associé, vivant à San Francisco et disposant d’un historique d’investissement en France, en Chine et aux Etats-Unis», explique Edouard Moinet, directeur général de Cathay Capital.
Après avoir levé 100 millions d’euros auprès de ses deux soutiens, son fonds de capital-risque vise un premier closing à 200 millions fin août et un plafond à 250 millions fin 2015 ou début 2016. Cathay Capital, qui gère actuellement 1 milliard d’euros, devrait aussi débuter en septembre la levée d’un troisième fonds small caps de 250 à 300 millions d’euros.
De son côté, Idinvest propose aux institutionnels chinois d’investir dans des PME européennes uniquement, et sélectionnera celles qui offrent un potentiel de croissance à l’international, mais pas forcément en Chine. Le gestionnaire, qui affiche 5,5 milliards d’encours, compte lever 300 millions d’euros d’ici à fin 2015, puis 1 milliard. Baptisée « Chance », sa plate-forme proposera des fonds, des mandats dédiés et du co-investissement. Idinvest revendique déjà des engagements de China Merchants Bank, CIICC et Shanghai Shentong Metro Leasing.
Enfin, FC Global vise 200 à 350 millions d’euros levés pour moitié en Europe et pour moitié en Chine, avec l’aide d’un partenaire local, le fonds China Equity Group. «FC Global investira des tickets de 10 à 50 millions d’euros dans des ETI françaises et européennes», indique un porte-parole de Fondations Capital. Ce dernier, qui traverse une mauvaise passe dans le dossier Courtepaille, reste discret sur ses liens avec FC Global. Mais il investit dans le même type de cibles et n’a pas levé de nouveau fonds.
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