Le Trésor critique le mauvais classement OCDE de la France en matière de réglementation
L’OCDE a établi de longue date des indicateurs de réglementation afin de comparer les efforts des pays membres dans leurs politiques de promotion de la concurrence et de la dérégulation. Ces indicateurs, qui placent la France dans une position plutôt défavorable, sont-ils fiables? Dans une note qu’il vient de publier (Trésor Eco n°203), le ministère de l’Economie émet de sérieux doutes sur ces instruments, et surtout sur l’évaluation concernant la France.
Bien sûr, les hauts fonctionnaires du Trésor ne nient pas les limites de la réglementation, laquelle peut être «excessive et coûteuse». Il existe «en particulier un risque que la réglementation soit excessive et se traduise par une baisse de l’intensité concurrentielle qui pénalise les consommateurs». De ce point de vue, Bercy ne peut pas se satisfaire de voir que la France réglemente plus que la moyenne de l’OCDE, avec un indicateur PMR (Product Market Regulation) qui mesure la régulation du marché des biens et services bien au-dessus des niveaux britannique, italien, allemand…
Mais les derniers calculs de l’OCDE, qui portent sur l’année 2013, sont datés, souligne le Trésor qui met en avant les réformes intervenues depuis. Compte tenu de celles-ci, la France devrait rejoindre le niveau moyen de l’UE-15 (les pays européens avant l’élargissement à l’Est) lors du prochain classement. Surtout, insiste Bercy, ces indicateurs de réglementation sont biaisés. L’OCDE mesure la difficulté de créer une entreprise en France en se fondant sur l’exemple des sociétés anonymes, loin d’être les plus courantes. Pour certaines professions, comme l’architecture, l’OCDE affiche un degré élevé de réglementation s’agissant de la France, et nul pour les Pays-Bas, la Suède, la Finlande… alors qu’une réglementation stricte existe dans ces pays, la seule différence étant qu’elle n’est pas déterminé par l’Etat mais par la profession elle-même.
En outre, certaines réglementations sont nécessaires, estime le Trésor. Imposer des exigences de qualification pour l’accès à une profession peut être une façon de protéger le consommateur. Enfin, et surtout, si les indicateurs de l’OCDE positionnent plutôt mal la France, c’est notamment en raison de la présence de l’Etat au capital de grandes entreprises (EDF, Orange…). Or, s’agissant par exemple de la téléphonie, cette présence n’a pas empêché le développement de la concurrence.
Plus d'articles du même thème
-
L’OCDE se montre un peu plus optimiste pour la croissance en 2026
Dans ses prévisions intermédiaires, l’organisme revoit la croissance mondiale à la hausse, soulignant la résilience inattendue des économies, mais abaisse légèrement les perspectives pour 2027. -
L’activité a nettement accéléré en septembre dans la zone euro
L’indice PMI flash a progressé en septembre contre toute attente à un plus haut de plus de trois ans. Cette résilience de l’économie malgré la hausse des coûts de l’énergie et des emprunts profite aux secteurs manufacturier et des services. -
La France affiche un étonnant rebond de son activité en septembre
L'indice PMI composite du pays est repassé nettement au-dessus du seuil des 50 alors que les économistes anticipaient moins de 49. La situation s'est également améliorée dans l'ensemble de la zone euro.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
Contenu de nos partenaires
-
Tribune librePour faire circuler le patrimoine, cessons de pénaliser les donations en pleine propriété
« Nous proposons que les donations en pleine propriété soient taxées au même taux que les donations en nue-propriété. Autrement dit, nous proposons de défiscaliser totalement la renonciation à un usufruit » -
Retour du refouléJean-Luc Mélenchon, le grand vainqueur du premier débat de la primaire du PS
« Soumission à LFI » contre « obsession anti-LFI » : sur LCI, mercredi, la question des alliances aux législatives a partagé les candidats à la primaire en deux camps. La controverse autour du mot « génocide » pour qualifier la guerre à Gaza a montré combien l’extrême gauche parvient à imposer les termes du débat. Il reste encore du chemin à faire pour qu’une gauche sociale-démocrate, qui a pris l’habitude de se définir comme « non-mélenchoniste », retrouve une identité propre, au-delà de ses lubies fiscales. -
Jean-Luc Mélenchon et Edouard Philippe à égalité au premier tour de la présidentielle, selon un sondage
L’insoumis et l’ex-Premier ministre sont au coude-à-coude derrière Marine Le Pen, grande favorite du premier tour. Gabriel Attal, lui, fait moins bien que Raphaël Glucksmann, selon une enquête d'opinion Cluster 17 pour Politico