Le marché des produits dérivés reste dominé par un oligopole
Les éléphants ont la main mise sur le marché des dérivés. Alors que les régulateurs cherchent à encadrer l’utilisation des produits de gré à gré, l’association internationale des intervenants sur les marchés de swaps et dérivés (Isda) montre que ce type d’opérations est très largement réservé aux grandes institutions. En effet, dans une étude présentée lors de sa conférence annuelle qui se tenait lundi à Hong Kong, l’Isda estime que les cinq plus gros intervenants américains généraient à eux seuls 37% du total des volumes des contrats dérivés négociés sur l’ensemble des places internationales, soit 172.300 milliards de dollars. Le montant total du notionnel traité sur les produits de taux d’intérêt, de crédit et de dérivés sur actions est resté à peu près stable au 30 juin 2010 par rapport à la fin du mois de juin 2009 à 466.800 milliards, en légère hausse de 1%.
D’autres études avaient montré une concentration encore plus importante de 95% des volumes de produits dérivés dans les mains des cinq plus gros intervenants américains du marché. L’Isda précise qu’il s’agit du poids rapporté aux seules banques américaines, alors que son étude propose une analyse transfrontalière des échanges sur ce type de produits.
En élargissant le panel d’observations aux 14 plus grosses sociétés internationales (G14), le constat d’une concentration des opérations entre les mains des plus gros opérateurs reste néanmoins identique. En effet, l’Isda affiche un montant total des transactions pour le G14 de 354.600 milliards de dollars, trustant ainsi 82% des opérations réalisées sur les produits de taux d’intérêt, 90% sur les dérivés de crédit et 86% sur les dérivés actions.
Dans le détail, ce sont les opérations sur les produits dérivés de taux qui ont le mieux résisté. En effet, les swaps de taux, options et swaps de change, qui représentent environ 93% des transactions totales pour un montant de 434.100 milliards de dollars, ont connu une hausse de leurs volumes traités de 2% sur les six premiers mois de l’année. Dans le même temps, les opérations réalisées sur les dérivés de crédit (principalement credit default swaps), qui représentent 6% des transactions totales ont chuté de 14% et celles sur les dérivés actions, qui représentent moins de 2% des transactions totales, ont également connu une baisse de leurs volumes de 6%.
Plus d'articles du même thème
-
Le Canada se dote d'un fonds souverain pour renforcer son indépendance économique
Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a annoncé la création d'un fonds d'investissement national. Son ambition est de renforcer l’indépendance économique du Canada en investissant prioritairement dans les entreprises et les infrastructures du pays. -
PARTENARIAT
Avis de convocation – Saint-Gobain
-
Wall Street sur le qui-vive avant les résultats des géants de la tech
Alphabet, Microsoft, Amazon et Meta Platforms, qui publient leurs résultats trimestriels ce mercredi 29 avril, suivis d'Apple le lendemain, seront scrutés par les investisseurs. Depuis environ un mois, tous ont porté le S&P 500 vers des sommets historiques. Des bénéfices records sont attendus, mais aussi des dépenses d'investissement sans précédent, tirées par l'IA.
ETF à la Une
Amundi lance son ETP Bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- La Suisse publie sa proposition de loi «too big to fail» sur mesure pour UBS
- Intel pulvérise les attentes grâce aux centres de données et à l'IA
- L’Italie de Giorgia Meloni présente un bilan économique mitigé
Contenu de nos partenaires
-
Sot-l'y-laisseMaster Poulet, dans la cuisine de la guerre des gauches
En prenant la défense d’un fast-food 100 % halal que le maire PS de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, voudrait voir disparaître, les insoumis croient défendre le patrimoine culinaire de la « Nouvelle France » menacé par l'exil des bobos en banlieue -
Coq gauloisDerrière le boom du poulet, une France qui change profondément
Depuis début 2000, la consommation de poulet a été multipliée par deux en France. Preuve de bouleversements sociologique et économique profonds, portés par l'immigration, l'érosion du pouvoir d'achat et les soucis environnementaux. Des éléments complexes, cristallisés dans la « guerre » du Master Poulet -
EditorialLogement à Paris : Emmanuel Grégoire organise la pénurie et la flambée des prix
Changer la vie, peut-être, mais pas au point de remettre en cause ses a priori idéologique. Or contre cette carence locative dénoncée depuis des décennies maintenant, seule une vraie politique de l'offre sera efficace