La correction s’amplifie sur les actions
Après les marchés de taux, les actions. L’ensemble des places boursières mondiales connaissent leur plus forte correction depuis un an et demi. En Europe, l’indice Stoxx 600, après 1,6% hier, abandonne 5,2% depuis son plus haut de janvier. A Wall Street, le S&P 500 recule de 4,1%. L’indice VIX de volatilité, tombé sous 10 début janvier, atteint un plus haut d’un an à 18. «Les marchés actions ont été soutenus pendant un certain temps, une consolidation n’est donc pas une surprise», écrit John Norman, stratégiste chez JPMorgan Securities. Surtout, cet ajustement intervient après un mois de janvier sur les chapeaux de roue. «Le début d’année a été particulièrement positif à la faveur de flux d’investissement records», rappelle Jean-Marie Mercadal, directeur en charge des gestions chez OFI AM. Wall Street venait même d’aligner quinze mois consécutifs de hausse.
Les tensions sur les marchés de taux (le rendement à 10 ans américain s’est écarté de plus de 40 pb à 2,84%, un plus haut de quatre ans, et le Bund de 30 pb à 0,73%) ont eu raison de cette progression en ligne droite. «Le catalyseur de la correction a été le rapport sur l’emploi américain de janvier», indique Jason Draho, responsable de l’allocation tactique Amériques chez UBS. Et plus particulièrement la hausse de 2,9% du coût horaire salarial, supérieure aux attentes. Après Wall Street, puis l’Asie, les marchés européens ont amplifié leur repli.
«La pression vendeuse semble avoir été amplifiée par les fonds dont la gestion repose sur des stratégies systématiques, comme le risk parity, qui réduisent leur exposition aux actions quand la volatilité augmente», poursuit Jason Draho. Reste à savoir si cette correction est une simple pause ou un mouvement plus marqué.
De nombreux investisseurs appelaient de leurs vœux cet ajustement et y voient une occasion de renforcer leurs positions dans un monde où les liquidités importantes jouent comme une force de rappel. «C’est une saine correction qui offre des opportunités d’achat à ceux souhaitant déployer leur cash», souligne Michael Strobaek, responsable de la gestion chez Credit Suisse. Un pari soutenu par les bonnes perspectives macroéconomiques et de résultats des entreprises. Une correction qui pourrait atteindre 10% au plus, mais pas un bear market de plus de 20%. A moins qu’une mauvaise surprise sur l’inflation et une accélération de la correction sur les taux ne vienne déjouer ces pronostics.
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