KKR veut enfin rentabiliser son investissement dans First Data
KKR s’est finalement engagé dans le processus d’introduction en Bourse de First Data, le plus important investissement de son histoire. Le fonds d’investissement américain avait repris First Data en 2007 via un LBO de 30 milliards de dollars, peu avant le déclenchement de la crise financière. L’entreprise de gestion de paiements électroniques connaissait depuis des difficultés, lestée par une dette de plus de 20 milliards de dollars. Au plus fort de ces difficultés, KKR avait déprécié de 40% la valeur de son investissement dans ses comptes.
Les efforts de Frank Bisignano, cinquième dirigeant de First Data depuis 2010, semblent finalement devoir payer. Il avait déjà réussi l’année dernière à lever 3,5 milliards de dollars via un placement privé, dont 1,2 milliard provenant de KKR, amenant l’engagement du fonds à 3,9 milliards de dollars. Cette levée de fonds a permis à First Data de réduire son endettement de plusieurs milliards, lui faisant économiser 440 millions de dollars en intérêts chaque année. Avant l’opération, les intérêts annuels représentaient 75% des 2,4 milliards de dollars d’Ebitda de l’entreprise.
Depuis son arrivée en avril 2013, Frank Bisignano, un ancien dirigeant de JPMorgan, a cherché à améliorer la profitabilité et à augmenter l’offre de produits via des rachats de start-up. First Draft a ainsi acquis Clover, un développeur de solutions de paiement basées sur le cloud, qui lui a permis de regagner des parts de marché auprès des petits commerçants. L’entreprise a également signé un partenariat avec Apple, à qui elle fournit la technologie de chiffrement derrière l’Apple Pay.
En 2014, First Data a engrangé des revenus de 11,2 milliards de dollars, en hausse de 3,2% sur un an, et un Ebitda en hausse de 8,7% à 2,7 milliards. Au premier trimestre 2015, la firme basée à Atlanta a réduit ses pertes à 112 millions de dollars, contre 201 millions l’année passée. Renaissance Capital estimait lundi qu’elle pourrait lever plus de 5 milliards de dollars via son introduction en Bourse, une somme promise au remboursement de sa dette. Après son IPO, KKR conservera le contrôle de First Data grâce à la mise en place d’un système de catégorie d’actions lui octroyant dix droits de vote par action.
Plus d'articles du même thème
-
UDR et Apollo nouent un partenariat stratégique de 2 milliards de dollars
Cette coentreprise rassemble plus de 7.000 logements. Ce partenariat permet à Apollo d’accéder à des revenus locatifs récurrents et à un rendement immobilier visé de 6 %. -
Oddo BHF AM nomme une nouvelle responsable pour la péninsule ibérique
Cristina García de Sola va remplacer Leonardo López. -
TPT devient le deuxième superfund britannique à passer l'évaluation du régulateur
TPT Retirement Solutions a levé du capital pour reprendre des régimes de retraite à prestations définies dont l'employeur historique souhaite se défaire.
ETF à la Une
La collecte des ETF obligataires bondit de 60% début octobre en Europe
- BNP Paribas augmente la plupart de ses salariés entre 1.000 et 1.500 euros
- Macif Vie est menacée par la Cnil d'une sanction de 7 millions d’euros
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- La retraite par capitalisation cherche sa forme avant la présidentielle
Contenu de nos partenaires
-
CarrièreEt si les seniors avaient plus à gagner qu’ils le croient avec l’IA
Dans un nouveau livre (parution le 5 novembre 2026), Christophe Aulnette, ex PDG de Microsoft France, explique comment les seniors peuvent relancer leur carrière et préparer la suite à l’ère de l’IA. Ils ont des atouts, à condition de se bouger ! -
Ce que l’on sait du virus Shamonda, qui a infecté un homme pour la première fois en France
Détecté pour la première fois chez un être humain, le virus Shamonda a aggravé l'état de santé d'un patient décédé depuis. Pour autant, les autorités n’identifient pas de risque pour la population générale -
Octobre rouge« Si on ne casse pas, on n’obtient rien » : cette jeunesse séduite par la violence
Mûs par une haine de la police, une fascination pour LFI ou une culpabilité de « privilégiés », des lycéens et étudiants jugent que la casse est un dommage collatéral d’une « colère légitime »