KKR serait prêt à payer 4,9 milliards de dollars pour Del Monte Foods
Lors du forum Super Investor qui s’est tenu la semaine dernière à Paris, des professionnels ont exprimé leur conviction que le private equity ne connaîtrait plus jamais l’âge d’or des années 2004-2007; cela n’empêche pas certains acteurs de chercher de nouveaux méga deals.
C’est le cas de Kohlberg Kravis Roberts (KKR), l’un des plus importants gérants de capital-investissement au monde. Alors qu’il était prêt, fin octobre, à racheter le fonds de pension australien Perpetual pour 1,75 milliard de dollars (offre finalement rejetée par les actionnaires de la cible), il viserait cette fois Del Monte Foods.
Selon plusieurs médias anglo-saxons, qui citent des sources concordantes, KKR aurait proposé de payer un prix de 18,5 dollars par action, ce qui valorise le capital du groupe agro-alimentaire américain (conseillé par Barclays) à environ 3,6 milliards de dollars (2,7 milliards d’euros), sans compter 1,3 milliard de dette nette. Selon Reuters, les deux parties souhaitent tomber d’accord d’ici au 2 décembre.
Contacté, le fonds d’investissement n’a fait aucun commentaire. Mais le marché veut y croire. Vendredi en fin d’après-midi, le titre traitait à 17,25 dollars (soit un gain de 19% en deux jours). Une opération de sa part ne serait d’ailleurs pas une surprise. Le groupe coté était une division de RJR Nabisco, le géant de l’agroalimentaire que KKR avait acquis en 1989 pour un montant resté historique jusqu’au milieu des années 2000 (25 milliards de dollars). Del Monte Food a été cédé à un consortium, qui l’a revendu en 1997 à TPG Capital (ex-Texas Pacific Group), autre géant du private equity, pour 800 millions de dollars de l’époque. Ce dernier l’a introduit ensuite en Bourse.
Après deux ans difficiles pendant la crise, qui l’ont notamment amené à transférer sa cotation d’Amsterdam à New York et à réduire drastiquement la valeur de certains de ses actifs en portefeuille (comme TXU). KKR cherche depuis à repasser à l’offensive; il a mené plusieurs cessions totales, partielles ou en projet (NXP, Legrand, TDC, United Biscuits, etc.) et, depuis la rentrée, il s’est notamment offert l’éditeur norvégien Visma pour 935 millions de dollars. Comme l’illustre son intérêt supposé pour Del Monte Foods mais aussi sa tentative d’approche avortée de Sara Lee, les sociétés cotées semblent d’ailleurs avoir sa faveur pour l’instant.
Plus d'articles du même thème
-
Les dettes bancaires souffrent du «sell-off» obligataire sur la France
Le risque de crédit des banques françaises a bondi au-delà de celui de leurs principaux homologues européens, mais les dettes bancaires subordonnées AT1 ont souffert aussi plus globalement de la hausse des taux. -
Paris et Berlin demandent à l’Europe d’agir vite contre la concurrence déloyale
Les deux pays réclament l’activation en urgence des mesures de sauvegarde pour rétablir une concurrence normale, et espèrent entraîner d’autres pays de l’Union, afin de sauver des secteurs industriels en crise. Les derniers chiffres sont inquiétants. -
Paramount boucle sa méga-fusion avec Warner Bros
La fusion, officialisée mardi 6 octobre, donne naissance au géant hollywoodien Skydance. Celui-ci ploie sous une dette d'environ 80 milliards de dollars, et vise un objectif d'économies de 6 milliards de dollars.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- Le Crédit Agricole d’Ile-de-France se met en quatre pour ses clients patrimoniaux
Contenu de nos partenaires
-
Contre-attaqueLes équipes de Gabriel Attal et Edouard Philippe étrillent le plan économique de Marine Le Pen
Une fois n'est pas coutume, les deux candidats de l'ex-macronie ont tenu à réagir immédiatement à la campagne de la leader du RN, accusée d'avoir présenté des mesures fausses et dispendieuses -
DivorceBlocus des lycéens : la droite cherche toujours le mode d'emploi
Bruno Retailleau se place sur le seul terrain sécuritaire, Edouard Philippe ironise sur les revendications des lycéens, Gabriel Attal se démarque en multipliant les échanges avec une jeunesse qui tourne le dos à la droite -
Loto du patrimoineLes héritages et donations de biens immobiliers arrivent trop tard, selon l'Insee
Une étude de l'Institut national de la statistique publiée mardi dévoile les âges moyens des Français qui héritent ou reçoivent de leur vivant. Repenser la fiscalité de la transmission paraît indispensable