Ardian déploie avec un quatrième fonds son activité de co-investissement
Créée en 2005, l’activité de co-investissement d’Ardian fait encore peu parler d’elle. Elle a pourtant investi depuis ses débuts l’équivalent de 2 milliards de dollars dans 52 opérations, et a engagé le lancement d’un quatrième fonds d’un milliard d’euros. Ce véhicule, d’une taille supérieure à celle du précédent (730 millions) est levé aux deux tiers. L’ancienne maison mère Axa, ainsi que des investisseurs de taille moyenne (family offices, institutionnels) et des banques privées devraient y contribuer à parts égales.
Le métier de co-investisseur consiste à prendre un ticket minoritaire aux côtés d’un fonds de private equity qui sera moteur dans la transaction. Une poignée d’acteurs est aujourd’hui outillée pour le faire: gros fonds souverain (Temasek, CIC…) ou fonds de pension (les canadiens CPPIB et Ontario’s Teachers), le suisse Partners Group et quelques fonds américains (Hamilton Lane…).
«Le co-investisseur accepte d’être en retrait, même s’il peut être représenté au conseil de la société, explique Alexandre Motte, patron de l’activité chez Ardian. Cette structure permet de boucler des transactions de grande taille, en évitant de créer des consortiums de fonds qui ont montré leurs limites en termes de gouvernance en 2006-2007. Les équipes de management des sociétés valorisent aussi le fait qu’il n’y ait qu’un seul actionnaire de référence, même si d’autres fonds sont en soutien».
Chez Ardian, neuf professionnels à Paris et trois à New York traitent en moyenne une proposition par semaine. Les «invitations» viennent d’acteurs que la société de gestion connaît par ailleurs à travers son activité de fonds de fonds. «Il faut savoir dire non en trois ou quatre jours, souligne Alexandre Motte. Ce métier nécessite d’être très réactif, d’avoir une certaine taille, et d’apporter une valeur ajoutée: un fonds souverain ouvrira à la société les portes de son marché. En ce qui concerne Ardian, la nationalité française est un plus dans des dossiers comme Spie», où le fonds a co-investi derrière CD&R.
Si Ardian espère relancer l’IPO de Spie dans les 18 mois après la tentative avortée d’octobre, le fonds vient de conclure sa sortie de TDF après, là aussi, un processus plus long que prévu. Ce qui porte à 7 le nombre de sorties en un an, pour 6 co-investissements, dont 4 aux Etats-Unis, avec un ticket maximum de 50 millions de dollars. En France, Ardian a notamment mis 10 millions d’euros en avril dans Newrest, le groupe de restauration collective.
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