Alix Partners renégocie une dette LBO de 1,1 milliard de dollars
Trois ans après son LBO sur Alix Partners, le fonds britannique CVC Capital Partners veut refinancer le cabinet de conseil américain. L’opération, qui pourrait être bouclée d’ici à mercredi selon Bloomberg, doit lui permettre de lever 1,1 milliard de dollars (1 milliard d’euros) de dette covenant light (à clauses de remboursement allégées). Ce nouveau crédit senior first lien à échéance 2022 remplacera trois prêts first et second lien qui s’élèvent encore à 977 millions de dollars, avec des échéances entre 2017 et 2021, précise Moody’s dans une note sur l’opération. Le différentiel de 125 millions correspond au dividende exceptionnel qui sera versé aux actionnaires, c’est-à-dire à CVC, très majoritaire, et aux associés d’Alix Partners. Le nouveau montage comprend aussi une ligne revolving de 75 millions de dollars à échéance 2020.
Alix Partners négocie avec les banques de son LBO de 2012: Deutsche Bank, Goldman Sachs, Bank of America Merrill Lynch, UBS et Jefferies. Le cabinet veut gagner en flexibilité grâce à l’allongement de sa dette, tout en profitant des taux bas du marché. Pour la partie senior, la société mise sur un taux égal au Libor +375 points de base (pb) selon Bloomberg, contre Libor +275, +300 et + 800 pb pour les tranches renégociées. La semaine dernière, Wendel a lancé un refinancement similaire pour le chimiste Stahl, à Libor +400 pb.
Alix Partners et son nouveau prêt senior sont notés «B2» par Moody’s et «B+» par Standard & Poor’s, avec une perspective stable. Cette notation high yield (spéculative) «reflète son levier de dette élevé, sa politique financière agressive (y compris des distributions de dividendes qui consomment les flux de trésorerie) et l’échelle relativement modeste de la société par rapport à ses pairs», estime Moody’s. Le levier d’Alix Partners devrait passer à 5,9 fois l’Ebitda, contre 5,3 fois l’Ebitda à fin mars. En année pleine, l’acquisition en février dernier du cabinet de conseil européen Zolfo devrait abaisser ce multiple à 5,5 fois, selon Moody’s. S&P anticipe de son côté un retour à 5,3 fois d’ici à fin 2017 grâce aux flux de trésorerie, estimés entre 25 et 35 millions de dollars par an.
En parallèle, CVC prépare en France le financement du rachat des cliniques Vitalia par le groupe Vedici. Ce dernier veut obtenir 575 millions d’euros à sept ans et une ligne revolving de 150 millions, selon Bloomberg. Icade Santé participe à l’opération de fusion en acquérant les murs des cliniques (lire aussi page 7).
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