Toujours sous le carcan imposé par Bruxelles, ABN Amro mise sur l’étranger
Comme l’illustrent ses comptes, le nouvel ABN Amro n’est pas encore sorti d’affaires. Issu de la fusion entre ABN Amro Bank et Fortis Bank aux Pays-Bas et de quelques activités internationales récupérées après l’OPA dont il fut l’objet en 2007, l’établissement néerlandais a vu son bénéfice net reculer de 15% à 454 millions d’euros au premier trimestre. Les dépréciations de ses créances ont, elles, augmenté de moitié, à 187 millions d’euros.
Depuis son sauvetage (qui a conduit à sa nationalisation), ABN Amro n’est plus que l’ombre de ce qu’il fut. Les Pays-Bas représentent aujourd’hui plus de 80% de son résultat opérationnel. La Commission européenne a posé des conditions draconiennes à l’aide de l’Etat: les acquisitions lui sont quasiment interdites et il ne peut se développer que dans un nombre limité d’activités à l’étranger, dont la banque privée. Or ABN Amro veut réduire sa dépendance à l’égard des Pays-Bas, dont la dette hypothécaire résidentielle est l’une des plus importantes au monde (107% du PIB en 2010).
«Le groupe a la volonté d’accroître la part de l’international en s’appuyant sur ses niches où il a ‘le droit de gagner’, indiquait la semaine dernière à L’Agefi Philippe Vayssettes, président de la filiale française Neuflize OBC et membre du conseil de surveillance d’ABN Amro. Elle est de 20% aujourd’hui; l’objectif est qu’elle atteigne 30% dans les trois, quatre ans.» S’il y a des places à prendre dans les financements structurés comme le shipping depuis le retrait partiel des banques françaises, ABN Amro compte aussi sur la banque privée pour assurer son expansion. Le groupe revendique ainsi la troisième place dans la zone euro. Ayant fait un temps l’objet de rumeurs, Neuflize n’est donc pas à vendre.
La filiale française a passé un nouveau cap suite à la fusion ses activités en 2009. «Nous sommes un spécialiste de la banque privée tout en ayant un bilan qui nous permet d’accompagner l’entrepreneur jusque dans l’entreprise. Nous avons une vision à 360°, qui inclus le LBO, la banque de financement et d’investissement, la gestion et l’assurance-vie», indique Philippe Vayssettes. Aujourd’hui, Neuflize se renforce dans les crédits privés. «Ils représentent aujourd’hui 50% de nos encours, contre 40% en 2009», ajoute le dirigeant. Témoin de la solidité de son bilan, Neuflize a remonté 100 millions d’euros de capital à ABN Amro en 2011. A 15%, son ratio de fonds propres core tier one reste malgré cela très élevé.
Plus d'articles du même thème
-
La Fed va commencer à préparer l’après Jerome Powell
La réunion du dernier FOMC puis la dernière conférence de presse présidées par Jerome Powell seront scrutées de près mercredi. Moins pour la décision d’un très probable statu quo que pour les messages qui en ressortiront sur le positionnement plus ou moins restrictif de la Fed avant l’arrivée de Kevin Warsh. -
Bercy ajoute le Vietnam à la liste des Etats non coopératifs en matière fiscale
A contrario, les Fidji, les Samoa et Trinité-et-Tobago quittent cette liste. -
Sassan Golshani et Quentin d'Everlange de Bellevue lancent leur propre structure
Les deux anciens de la plateforme dédiée aux marchés privés Peqan ont créé Stella dans le but d'accompagner des gérants de private equity dans la structuration de leur offre auprès d'une clientèle d'investisseurs particuliers.
ETF à la Une
Amundi lance son ETP bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Apple garde l'innovation produit au centre de sa stratégie avec John Ternus
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- Tim Cook annonce son départ d’Apple
- La Suisse publie sa proposition de loi «too big to fail» sur mesure pour UBS
Contenu de nos partenaires
-
Copier-CollerPFAS : à la traîne en matière de restrictions, le Royaume-Uni pourrait s’inspirer de la France
Il existe jusqu’à 1 500 sites au Royaume-Uni où des niveaux de PFAS supérieurs au maximum recommandé sont détectés -
BrainstormingLa France en quête de nouvelles recettes fiscales pour financer le prochain budget européen
Les Vingt-Sept tentent de résoudre la quadrature du cercle de la trajectoire financière pour la période 2028-2034 -
Langage« Dingue », « mabouls », « bordel »... Emmanuel Macron se lâche
Lors d'un déplacement en Ariège, le président de la République utilise les mots de la colère pour dire que la France a parfois besoin de ressortissants étrangers pour ses services publics