Santander renforce son capital via une filiale américaine
Santander va renforcer ses fonds propres. La banque espagnole a annoncé vendredi que les sociétés Sponsor Auto Finance Holdings Series et Dundon DFS avaient accepté de souscrire à une augmentation de capital de 1,15 milliard de dollars de sa filiale de crédit automobile aux Etats-Unis, Santander Consumer USA.
«Le gain en capital (d’environ un milliard de dollars) sera entièrement alloué au renforcement du bilan du groupe», indique Santander dans un communiqué. Alfredo Saenz, le patron de la banque, avait pourtant assuré le 29 septembre à des investisseurs que le groupe disposait de capitaux suffisants et qu’il excluait toute levée de fonds. Le ratio core tier 1 de la banque s’élevait à 9,2% à fin juin.
Le consortium Sponsor Auto Finance Holdings Series, qui réunit les fonds de capital investissement KKR, Warburg Pincus et Centerbridge Partners, paiera un milliard de dollars pour détenir 25% du capital de Santander Consumer USA, ce qui la valorise 4 milliards. Dundon DFS, la société de Thomas Dundon, le directeur général de la filiale américaine, dépensera pour sa part 150 millions de dollars et verra sa participation passer de 8,5% actuellement à 10% tandis que celle de Santander sera ramenée de 91,5% à 65%. L’opération devrait être bouclée au quatrième trimestre 2011 sous réserve d’obtenir le feu vert des autorités.
Cette cession tombe à point nommé pour Santander qui a dû reporter l’introduction en Bourse de ses filiales argentine et britannique. En février, la banque avait cédé 51% de ses activités d’assurance en Amérique latine au groupe suisse ZFS pour 2,1 milliards de dollars.
L’annonce intervient dans un contexte où les autorités et les marchés exhortent les banques européennes à renforcer leurs fonds propres pour intégrer les risques souverains. Le fait que Santander ait utilisé l’une de ses filiales pour renforcer ses fonds propres fait par ailleurs écho à un article du Wall Street Journal de vendredi indiquant que la banque faisait transférer des milliards d’euros entre la maison mère et ses filiales, notamment celle au Royaume-Uni, contrairement à ce qu’elle affirme régulièrement. La banque a «un modèle de filiales qui sont autonomes en financement et en capital», assurait encore le mois dernier le président du groupe Emilio Botin.
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