Londres alourdit la taxe sur le secteur bancaire
Dans le bras de fer qui l’oppose aux établissements financiers, le gouvernement britannique a bien l’intention de ne rien lâcher. Hier, George Osborne (photo), le ministre des Finances britannique, a en effet annoncé une révision à la hausse du montant de la taxe sur les banques pour 2011. Initialement, cette taxe, introduite dans le budget 2010, devait rapporter un total de 1,7 milliard de livres cette année. La facture s’alourdira finalement de 800 millions supplémentaires dès 2011.
Au vu de l’amélioration des conditions d’activité, Londres a finalement décidé que les banques – britanniques et filiales britanniques de banques étrangères – s’acquitteraient dès 2011 d’une taxe à hauteur de 2,5 milliards de livres, soit le montant prévu pour l’année prochaine, cet impôt devant rapporter aux caisses de l’Etat 2,6 milliards en 2013 et 2014. Pour les mois de mars et avril, le prélèvement sera fixé à 0,1% sur les ressources à court terme des banques et à 0,05% sur les fonds propres et ressources de long terme. A compter du 1er mai prochain et pour le reste de l’année calendaire, ces taux seront portés respectivement à 0,075 et 0,0375%. Les analystes estiment qu’en rythme de croisière, la taxe coûtera 500 à 600 millions à HSBC, 400 millions, chacune, à Barclays, RBS et Lloyds, et 100 millions à Standard Chartered.
Il n’y aura donc pas de montée en puissance progressive de la taxe bancaire, comme prévu initialement, mais «une somme d’argent significative qui va aider le gouvernement et le Royaume-Uni à gérer le déficit public» selon George Osborne, qui s’exprimait hier matin sur les ondes de la BBC. Loin de mettre en péril les négociations actuelles avec les banques britanniques en matière d’augmentation des prêts aux entreprises et de limitation des bonus, cette modification de la fiscalité pourrait même, selon le ministre des Finances britanniques, faciliter les discussions.
Selon les observateurs, cette initiative serait en réalité bien plus politique qu’économique: pour la première fois, George Osborne faisait face hier, à la Chambre des Communes, au nouveau chancelier de l’Echiquier du cabinet fantôme, le travailliste Ed Balls. La majoration de la taxe a pour objectif d'évacuer les critiques des Travaillistes sur une indulgence supposée du gouvernement conservateur à l’endroit des banques. La modification de la fiscalité aurait aussi pour objectif d’apaiser l’opinion publique à quelques jours de l’annonce de l’enveloppe des bonus par les banques britanniques.
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