L’horizon d’Aon France se dégage après des années difficiles
Aon France a tourné la page des années 2000. Arrivé en octobre 2009 à la tête de la filiale française du premier courtier mondial en assurances, son actuel PDG ne cache pas sa satisfaction d’avoir redressé la société. «Alors que nous avions perdu 20% du chiffre d’affaires en l’espace de deux ans (en 2009 et 2010), nous affichons maintenant une croissance de 4% qui est sensiblement supérieure à celle des autres filiales européennes d’Aon», explique à L’Agefi Robert Leblanc, en référence à l’activité de conseil et de courtage en assurances.
Cette activité, qui pèse 70% des revenus de 248,5 millions d’euros engrangés par la filiale en 2014, avait été au cœur de ses difficultés, notamment dans les assurances dommages. Pour contrer le plongeon des revenus, un premier plan social concernant 200 collaborateurs avait déjà été lancé en octobre 2008. «Dès mon arrivée, j’ai dû déclencher fin 2009 un plan social de 54 personnes de portée modérée par rapport aux 1.200 personnes qui travaillaient chez Aon France», témoigne Robert Leblanc. Bouclé en juillet 2010, il permet alors d’ajuster la masse salariale sans perturber la campagne 2010-2011 de renouvellement. «Nous avons réussi à stabiliser l’activité en 2011, puis à retrouver le chemin de la croissance en 2012», souligne le dirigeant.
Outre la réduction des effectifs et la stabilisation de l’activité, un important travail est effectué sur le stock de contrats et la politique commerciale. «Nous avons mené un travail de renégociation des conditions sur une part significative de notre stock, y compris avec les bureaux internationaux d’Aon qui accompagnaient des entreprises françaises», explique Robert Leblanc. Désormais, «nous visons en priorité les grosses ETI pour ce qui est des contrats d’assurance IARD. Dans l’assurance de personnes, les coûts de mise en place et de gestion sont tels que nous nous positionnons sur les plus grosses affaires», ajoute-t-il.
Cette stratégie a conduit Aon France à annoncer le 26 mars dernier avoir décliné l’appel d’offres organisé par Orange. Bien que courtier tenant du groupe de télécoms, la filiale a ainsi estimé que la mission proposée de conception, de placement et de gestion des programmes d’assurance dommages du groupe ne présentait pas «des conditions économiques acceptables».
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