L’exposition des banques européennes à la Grèce est désormais limitée
Comme en 2011 et 2012, le spectre d’une sortie de la Grèce de la zone euro inquiète les marchés financiers. Particulièrement attaquées en Bourse lundi, les grandes banques européennes présentent pourtant une exposition à l’économie grecque nettement plus réduite qu’il y a deux ans. Selon les statistiques de la Banque des règlements internationaux (BRI), elles affichaient à la fin juin 2014 une exposition de 34,8 milliards d’euros, contre 67,8 milliards mi-2012 et 120,8 milliards mi-2011.
Cette division de près de trois traduit l’important désengagement effectué par le secteur à partir de 2011. Dans le cadre de son second plan de sauvetage, la Grèce avait par ailleurs bouclé en mars 2012 une première restructuration de dette pour alléger le fardeau financier du pays d’une centaine de milliards d’euros. Une nouvelle opération réalisée en décembre 2012 avait permis de réduire sa dette à l’égard des institutions privées de 32 milliards d’euros.
«Nous estimons que l’impact direct d’une sortie de la Grèce de la zone euro, si elle se matérialise, est limité. (…) L’exposition à la dette publique grecque est insignifiante et les portefeuilles de prêts sont aussi très limités, entre 0,1% et 0,9% des actifs des groupes», soulignent les experts de JPMorgan. Les six banques suivies par l’équipe de la banque américaine sont exposées selon elle à hauteur d’environ 5 milliards d’euros au risque grec à fin septembre, dont 3,5 milliards pour CASA.
La banque verte a hérité de ce portefeuille, qui comprend 3 milliards d’euros de crédit aux entreprises selon JPMorgan, dans le cadre de la cession en février 2013 pour un euro symbolique de sa filiale grecque Emporiki, achetée 2,2 milliards d’euros en 2006. BNP Paribas est de son côté exposée à hauteur de 0,7 milliard d’euros, contre 0,4 milliard pour Société Générale, qui avait cédé en 2012 sa filiale grecque Geneki.
La BRI chiffre de son côté à 2,2 milliards d’euros l’exposition des banques françaises à fin juin, à comparer à 13,8 milliards pour les banques allemandes et 13,2 milliards pour les établissements britanniques. La fédération bancaire allemande BdB a de son côté chiffré lundi à 23,5 milliards d’euros l’exposition des banques allemandes à la Grèce. Si Commerzbank et Deutsche Bank sont exposées à hauteur de seulement 0,7 milliard d’euros, la banque publique KfW concentre à elle seule 15 milliards de prêts à l’Etat grec.
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