L’Europe autorise un nouveau round de soutien public aux banques
Face à la méfiance des marchés envers les banques et la gouvernance européennes, Bruxelles pare au plus pressé. «Je vais proposer cette année de prolonger les règles autorisant les aides d’Etat, afin de permettre aux gouvernements de continuer à aider publiquement leurs banques au-delà de 2011», a déclaré Joaquin Almunia, le commissaire européen chargé de la Concurrence.
En écho aux propos tenus fin août par Christine Lagarde, la nouvelle directrice du FMI, Joaquin Almunia a justifié sa décision hier en conférence de presse en admettant que des banques européennes auraient «peut-être besoin d’être recapitalisées», en raison de «l’aggravation de la crise des dettes souveraines» des pays de la zone euro. Le commissaire évoquait bien de nouveaux établissements et non pas les neuf ayant échoué aux tests de résistance – controversés – en juillet. Le commissaire aurait souhaité un retour plus rapide aux règles normales – qui considèrent l’aide publique comme anticoncurrentielle –, mais «la situation à laquelle nous sommes confrontés plaide pour une prolongation du régime existant». La crise de confiance à l’égard des établissements européens s’est en effet aggravée pendant l’été, entrainant la chute des valeurs bancaires en Bourse et des tensions sur leur refinancement à court terme. Sa déclaration intervient également le lendemain de la dégradation d’un cran de la note de l’Italie par l’agence Standard & Poor’s.
Le cadre exceptionnel pour traiter les aides des Etats a été mis en place en urgence par Bruxelles après la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008 et la crise de liquidité qui a immédiatement suivi.
En parallèle aux mécanismes de liquidité, les recapitalisations – débouchant sur des nationalisations totales ou partielles – ont notamment concerné la majorité des banques britanniques, allemandes et néerlandaises, mais aussi l’établissement franco-belge Dexia. Sans nommer ceux qui devraient être soutenus, Joaquin Almunia a fait des commentaires sur plusieurs établissements: il a reconnu que Dexia connaissait une situation de liquidité «tendue», tandis qu’il espérait conclure l’examen du plan de restructuration de la banque allemande WestLB «dans les prochaines semaines». En revanche, les discussions portant sur sa compatriote Bayerische Landesbank «prennent bien plus de temps que prévu», a-t-il ajouté.
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