Les superviseurs bancaires achèvent un travail sans précédent de revue des banques
Très attendue par les marchés, la publication des résultats de l’évaluation complète des bilans des banques ce dimanche marquera aussi pour les superviseurs la fin d’un travail sans précédent.
«Nous n’avions jamais mobilisé autant de moyens», a expliqué le sous-gouverneur de la Banque de France, Robert Ophèle hier. L’exercice qui doit permettre d’assainir le système financier européen et de rassurer les investisseurs sur la solidité du secteur aura duré douze mois. L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a mobilisé jusqu’à 800 personnes pour y travailler. Au total 51.500 journées de travail (jours/ homme) y ont été consacrées.
La première partie de l’exercice, c’est-à-dire la revue de qualité des actifs a demandé le plus de travail. L’ACPR a eu recours à des cabinets d’audit pour analyser les bilans des 13 groupes soumis à l’évaluation. Parmi eux, la banque de LCH.Clearnet SA, Banque PSA Finance et RCI Banque ne feront finalement pas partie des 120 institutions représentant 85% des actifs bancaires de la zone euro qui seront directement soumises à la supervision de la BCE dès le mois de novembre.
Quelque 120 portefeuilles significatifs et les plus risqués, couvrant des expositions diversifiées, ont été analysés. Au sein de ces portefeuilles, le superviseur a analysé 15.500 dossiers en se penchant sur la situation des débiteurs et en reclassant éventuellement les créances en prêts non performants. Il a ensuite extrapolé les résultats trouvés sur les échantillons à l’ensemble des portefeuilles pour déterminer un ajustement prudentiel. L’exercice a donné lieu à des débats intenses avec les banques françaises, notamment sur la valorisation des produits dérivés (CVA).
Les banques devront avoir un ratio de fonds propres (CET1) de 8% à l’issue de la revue de qualité des actifs. Si ce n’est pas le cas, elles auront six mois pour corriger le tir. Le même seuil de 8% a été choisi dans le scénario central des tests de résistance qui couvrent la période 2014-2016.
Ironiquement, le scénario de base des tests a été élaboré à partir de prévisions de la Commission qui paraissent aujourd’hui bien optimistes. Elles tablent sur une croissance de 1% et sur une inflation à 1,2% en 2014 pour la France (contre 0,4% et 0,6% respectivement attendus par le gouvernement). Les banques devront avoir au moins 5,5% de CET1 dans le scénario pessimiste. Si ce n’est pas le cas, elles disposeront de neuf mois pour se recapitaliser.
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