Les résultats de Santander au Brésil rassurent les investisseurs
Deux semaines après la révision drastique des prévisions de croissance du Brésil par le FMI, les comptes trimestriels de Santander ont pour l’heure de quoi rassurer les investisseurs sur la solidité de son activité sud-américaine. Alors que la première banque de la zone euro avait déjà communiqué, à l’occasion de son augmentation de capital, la hausse de 30% de son bénéfice annuel en 2014, à 5,8 milliards d’euros, les analystes ont particulièrement bien accueilli ses performances sur ce marché, qui a représenté l’an dernier 19% des profits du groupe.
«L’amélioration du portefeuille de prêt en Espagne [était attendue], mais d’autres [résultats] nous ont surpris, à l’image de l’évolution des crédits et du ratio de prêts non performants (NPL) au Brésil», a indiqué à Bloomberg David Vaamonde, analyste chez MainFirst Bank. Le ratio NPL s’établissait ainsi à la fin décembre à 5,05% contre respectivement 5,64% et 5,78% en septembre et janvier 2014. Le portefeuille de crédits (hors opérations de repo) a pour sa part augmenté de 6%, ce qui traduit néanmoins une décélération par rapport à la croissance de 10% enregistrée sur l’ensemble de l’année.
Alors que la croissance brésilienne a ralenti à 0,1% en 2014, et devrait selon le FMI croître de seulement 0,3% cette année, cette bonne tenue traduit les mesures prises par la banque espagnole, notamment concernant l’évolution de la clientèle. Les prêts aux grandes entreprises ont ainsi bondi de 32% sur un an, tandis que les prêts aux PME ont stagné et que les autres crédits (à la consommation, automobile, cartes de crédit,…) ont baissé de 3%.
Outre une conjoncture tournant au ralenti, les activités brésiliennes de Santander pâtissent également de l’affaiblissement du réal. En hausse de 8% en 2014, à 1,55 milliard d’euros, les profits de Santander ont ainsi baissé de 1,3% à taux de change courants dans un pays où la Société Générale a annoncé hier l’arrêt de ses activités de crédit à la consommation.
Pour amortir ce choc, de nature similaire aux turbulences que connaissent les établissements suisses, le groupe espagnol a mis en œuvre un important plan de réduction de coûts, qui a notamment conduit à la suppression de 3.000 postes l’an dernier, soit 6% des effectifs. Les dépenses opérationnelles ont en conséquence augmenté de seulement 1% en termes nominaux, alors que l’inflation s’établissait mi-janvier à 6,7%.
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