Les marchés et LCL pèsent sur les résultats de Crédit Agricole SA
Crédit Agricole SA, l’entité cotée du groupe bancaire Crédit Agricole, a dégagé au troisième trimestre un résultat net part du groupe de 1,07 milliard d’euros, en baisse de 42,8%. Le troisième trimestre 2016 intégrait une plus-value de 1,27 milliard d’euros liée à l’opération Eurêka de simplification de la structure capitalistique du groupe Crédit Agricole. Hors éléments exceptionnels, le profit net ressort à 966 millions d’euros, en baisse de 5,2%. Le produit net bancaire a crû de 22,4%, à 4,58 milliards d’euros. Les charges d’exploitation ont augmenté de 7,8% et le coût du risque de crédit a chuté de 41%, à 262 millions d’euros. Les analystes interrogés par FactSet anticipaient en moyenne un bénéfice net de 1,05 milliard d’euros et un PNB de 4,74 milliards d’euros.
Les revenus des activités de marchés de capitaux, exclusivement axées sur les produits de fixed income (taux, changes, matières premières), ont chuté de 28,3%, pénalisés par la faiblesse de la volatilité. «En temps normal, le troisième trimestre est le plus faible de l’année», a souligné Jérôme Grivet, directeur financier de CASA, lors d’une conférence téléphonique. Le troisième trimestre 2016 s'était révélé exceptionnellement bon, en raison de la volatilité générée par le référendum sur le Brexit et par les spéculations sur l'évolution des politiques monétaires aux Etats-Unis et en Europe.
Dans la banque de détail en France, les revenus de LCL ont baissé de 3,4% à 841 millions d’euros et le bénéfice net a chuté de 12,3% à 137 millions. Philippe Brassac, directeur général de CASA, a précisé que le phénomène des renégociations de crédits, lié à la faiblesse des taux d’intérêt, qui pèse sur LCL était «plutôt derrière nous». Le flux a été divisé par 10 entre janvier et septembre.
Au chapitre de la solvabilité, Crédit Agricole SA affichait un ratio CET1 de 12% au 30 septembre, contre 12,4% au 30 juin. Mais le ratio CET1 a progressé de 30 points de base par rapport au 30 juin, en données proforma de l’acquisition de Pioneer, qui a consommé plus de 70 points de base de ratio CET1. Le ratio est par ailleurs supérieur à l’objectif de 11% que la banque s’est fixé sur la durée de son plan stratégique 2016-2019.
Au sujet de la croissance externe, et des récentes spéculations de rachat de l’allemande Commerzbank par BNP Paribas ou par le Crédit Agricole, entre autres, «notre plan de moyen terme est centré sur la croissance organique avec des acquisitions ciblées. Nous n’avons aucun projet d’acquisition de tout ou partie du capital de Commerzbank», a affirmé Philippe Brassac.
Enfin, la surtaxe exceptionnelle sur les grandes entreprises, votée lundi par l’Assemblée nationale et destinée à contrebalancer partiellement le manque à gagner de 10 milliards d’euros lié à l’invalidation de la taxe sur les dividendes, coûtera de l’ordre de 1 milliard d’euros, au total, à Crédit Agricole, BPCE (Banques Populaires Caisses d’Epargne) et Crédit Mutuel, a confirmé Philippe Brassac. Chacune de ces trois banques mutualistes, dont la base d’imposition en France est particulièrement élevée, paiera un tiers environ de ce montant brut de 1 milliard d’euros, a ajouté le dirigeant.
Après quelques minutes de cotation, l’action Crédit Agricole SA cédait 3,23% à 14,25 euros.
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