Les grandes banques américaines choient à nouveau leurs actionnaires

JPMorgan ou Wells Fargo sont autorisées par la Fed à accroître leur dividende. Goldman Sachs rembourse Warren Buffett
Alexandre Garabedian

JPMorgan, Goldman Sachs ou encore Wells Fargo reprennent le chemin des rachats d’actions et des hausses de dividendes. Au moment où l’Europe bancaire se soumet à une nouvelle série de tests de résistance dont la crédibilité est déjà discutée (lire page 3), ceux que la Fed vient de mener de son côté sur les 19 premières banques des Etats-Unis ont conduit le régulateur à lever son gel des dividendes. La banque centrale, qui n’a pas publié le détail des résultats de ces tests, doit annoncer d’ici demain aux 19 établissements s’ils ont les reins assez solides pour reprendre le versement des dividendes, ou l’augmenter. Un taux de distribution inférieur à 30% reste vivement conseillé.

Certaines banques ont déjà vendu la mèche. Signe le plus spectaculaire de ce retour à la normale, l’annonce faite vendredi soir par Goldman Sachs. La banque d’affaires américaine va racheter 5 milliards de dollars d’actions de préférence assorties d’un dividende de 10%, qu’elle avait vendu à Warren Buffett fin 2008, au plus fort de la crise financière. Coût estimé pour la banque: 1,64 milliard de dollars au premier trimestre 2011, soit une réduction de 2,80 dollars du bénéfice par action. Le milliardaire américain, qui détient aussi des warrants lui permettant d’acheter pour 5 milliards de dollars d’actions Goldman Sachs à 115 dollars pièce (contre un cours de clôture de 160 dollars vendredi), peut encore compter sur 1,9 milliard de plus-values latentes.

JPMorgan a indiqué pour sa part qu’elle relèverait à 25 cents son dividende par action trimestriel (contre 5 cents aujourd’hui), et évoque 8 milliards de dollars de rachats d’actions en 2011. Wells Fargo a autorisé le rachat de 200 millions de titres (soit 6,3 milliards de dollars aux cours de vendredi) et le versement d’un dividende exceptionnel de 7 cents au premier trimestre.

Entre fin 2008 et fin 2010, les fonds propres de base des 19 holdings bancaires testées ont augmenté de 300 milliards, a indiqué vendredi la Fed. Leur ratio tier one moyen est passé sur la période de 5,4% à 9,4%. La Fed a testé les 19 banques sur 2011-2013, en prenant pour le calcul des fonds propres la définition des nouvelles règles Bâle 3. Avec une contraction du PIB de 1,5% en 2011, un taux de chômage à 11% (contre 8,9% en février), une chute de 28% des actions et de 6,2% des prix immobiliers, le régulateur n’a pas hésité à appliquer un scénario sévère.

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