Les Etats voisins de la Grèce protègent leur secteur bancaire
Les régulateurs des Balkans fortifient leurs défenses face au risque de contagion soulevé par le défaut imminent de la Grèce. «Quelques pays dans la région, principalement la Bulgarie mais aussi la Roumanie, sont directement exposés à la Grèce via des liens commerciaux et bancaires très forts», rappelle Neil Shearing, chef économiste marchés émergents chez Capital Economics.
Les quatre premières banques grecques - Piraeus Bank, Eurobank Ergasias, National Bank of Greece et Alpha Bank - ont toutes des filiales en Bulgarie, Roumanie et Serbie, tandis que les deux dernières opèrent également en République de Macédoine. Ces quatre acteurs détiennent 28% des actifs du secteur bancaire en Bulgarie, tandis que 12% des actifs bancaires en Roumanie sont entre les mains de banques grecques.
Après l’annonce dimanche à Athènes d’un contrôle des capitaux, la Serbie et la Macédoine ont pris des mesures similaires en introduisant un contrôle ciblé des capitaux afin d’endiguer une fuite des capitaux vers la Grèce. A Skopje, la banque centrale a ordonné lundi aux établissements bancaires de retirer tous leurs avoirs et créances auprès des banques basées en Grèce. Le régulateur a également interdit, pour une durée maximale de six mois, l’investissement dans des actions grecques par les résidents macédoniens.
En Serbie, la banque centrale a décidé de limiter les transactions entre les filiales de banques grecques et leurs maisons mères et d’accroître la supervision des succursales. Les banques grecques en Serbie disposent de liquidités suffisantes et de réserves de fonds propres qui «peuvent être utilisées dans des situations où de mauvaises nouvelles peuvent causer des conséquences négatives non souhaitables et un stress psychologique», a tenu à rassurer la Banque nationale de Serbie.
La Roumanie et la Bulgarie comptent de leur côté sur des coussins de sécurité existants et des lignes de swap potentielles auprès de la Banque centrale européenne. Sofia peut se reposer sur un matelas budgétaire représentant 10% du PIB afin d’encaisser un choc violent. Bucarest explique pour sa part disposer d’un «accord de compensation» qui permet à la filiale locale d’une banque grecque de refuser une demande de retrait des dépôts effectuée par la maison mère.
La banque centrale roumaine a en outre assuré qu’elle soutiendrait la liquidité des banques à capitaux grecs, celles-ci étant solvables et possédant suffisamment de collatéral.
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