Le futur PEL est appelé à drainer plus de ressources longues vers les banques
A l’heure où l’accès aux dépôts est devenu un enjeu de taille pour les banques, le projet de réforme du plan d’épargne logement (PEL), souhaité par la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, et devant être débattu ce mercredi devant le Conseil des ministres, arrive à point nommé.
Ce projet, qui concernerait les PEL ouverts à partir du 1er mars 2011, vise à rendre ce produit d’épargne long terme plus attractif avec un taux d’intérêt (bloqué à 2,5% depuis sept ans) amélioré. Entre fin 2005 et août 2010, les encours de PEL ont en effet chuté de 225 à 177 milliards d’euros, selon les données de la Banque de France.
«Je propose d’indexer le taux du plan épargne logement sur les conditions de taux d’intérêt du moment», déclarait Christine Lagarde vendredi dernier au quotidien Les Echos. Calculé par la Banque de France sur la base de taux swap, le taux du PEL, pour lequel un plancher sera fixé à 2,5%, reflétera ainsi les anticipations de taux des banques à long terme et sera révisé chaque année.
Le nouveau taux équivaudra à 70% du taux de swap à 5 ans auquel s’ajoutera 30% de la différence du taux de swap à 10 ans et du taux de swap à deux ans. Si ce calcul avait été appliqué depuis 2003, «le taux du PEL aurait été supérieur de 0,4 point», soit 2,9% en moyenne, a indiqué Christine Lagarde. «La réforme du PEL est nécessaire afin de maintenir l’attractivité de ce produit d'épargne populaire», a estimé vendredi la Fédération bancaire française.
Parmi les autres modifications prévues, Bercy entend faire évoluer la fiscalité du PEL, qui reste non assujetti à l’impôt sur le revenu. Le prélèvement des contributions sociales se ferait ainsi annuellement, alors qu’il intervient actuellement en cumulé à la clôture du PEL. Par ailleurs, alors que la durée de vie du PEL est illimitée, celle-ci serait plafonnée à 15 ans. Enfin, les primes liées au PEL ne seront versées que si l’emprunt atteint 5.000 euros, et s’élèveront à 1.525 euros pour l’acquisition d’un bien répondant aux normes de développement durable, contre 1.000 euros pour un bien n’y répondant pas.
Les conditions de prêts offertes à la clôture resteront inchangées avec un taux d’emprunt pour le particulier supérieur de 1,7 point au taux de rémunération, soit un taux minimum de 4,2%. Si ce taux se compare défavorablement aux taux immobiliers actuels, particulièrement bas, la remontée prochaine de ces taux devrait changer la donne.
Plus d'articles du même thème
-
La stratégie de TotalEnergies paie à tous les étages
Le pétrolier a confirmé ses objectifs à l'horizon 2030 et donné de la visibilité au-delà. Il annonce aussi une hausse de son dividende de 5% par an sans renoncer à ses ambitions dans l’électricité. -
Les paris sont lancés sur le futur directoire de la BCE
Les deux tiers des postes seront renouvelés d’ici à fin octobre 2027. Les tractations vont probablement s’accélérer en vue d’accords précédant l'élection présidentielle françaises. Pas sûr qu’elles aboutissent cependant avant le départ effectif d’Isabel Schnabel le 3 janvier prochain. -
La ruée vers le Luxembourg grippe les ouvertures de contrats d’assurance-vie
Suscitant un attrait croissant auprès des épargnants français, l’assurance-vie luxembourgeoise voit affluer les souscriptions. Mais les assureurs peinent à suivre le rythme, entraînant un allongement des délais d’ouverture des produits d'épargne.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
- Le nouveau cadre SFDR se précise mais des désaccords demeurent chez les professionnels
- Le Crédit Agricole lance avec Amundi son offensive dans le capital naturel
- La France recule au 29ᵉ rang mondial du classement retraite de Natixis IM
- L’Europe lance un Pacte des investisseurs institutionnels européens pour la tech européenne
- Les assureurs ont orienté leurs achats vers la dette longue en 2025
Contenu de nos partenaires
-
Royaume-Uni : Andy Burnham au défi de reconquérir sa base
Les militants du Labour veulent donner sa chance au Premier ministre, dont les débuts à Downing Street sont appréciés. Mais il va devoir présenter rapidement des résultats concrets pour convaincre -
Guerre des nerfsAu procès de Rachida Dati, une défense au bazooka face à de lourdes réquisitions
Les avocats de l'ancienne ministre accusée de corruption dans l'affaire Renault-Nissan ont tenté d'affaiblir la démonstration du PNF sur du lobbying supposé à Bruxelles -
Machine arrièreChoc fiscal : 37 milliards déjà, et ce n'est pas fini...
Selon le nouveau bilan des prélèvements obligatoires dressé par l'Institut Rexecode, les hausses d'impôts enregistrées depuis la dissolution ont déjà annulé la moitié des baisses menées depuis 2014. Sans parvenir à faire diminuer le déficit public pour autant