LBP AM monnaie son capital pour grandir dans la gestion
Deux partenariats en deux mois dans la gestion d’actifs: les équipes de La Banque Postale n’ont pas chômé ces dernières semaines. Après s’être alliée à Aegon avant Noël, la Banque Postale a officialisé hier un accord avec Malakoff Médéric qui va conduire ce dernier à lui apporter Fédéris Gestion d’Actifs. Avec, dans les deux cas, une ouverture du capital de La Banque Postale Asset Management comme contrepartie financière. Le groupe de protection sociale devrait prendre une participation de 5% dans la filiale de gestion de La Poste, tandis qu’Aegon aura droit à 25%, avec des options pour monter à 35% si les résultats sont au rendez-vous.
«Ces deux opérations se complètent et pourront se bénéficier mutuellement. Avec Fédéris, nous élargissons nos réseaux de distribution à la clientèle institutionnelle. Avec Aegon, nous renforçons notre savoir-faire avec des produits qui deviennent indispensables compte tenu de la faiblesse des taux», explique Didier Brune, directeur de la stratégie de La Banque Postale.
Les transactions sont toutefois de nature et d’ampleur différentes. S’agissant d’Aegon, LBP AM a signé un simple partenariat industriel, et non un apport d’actifs. Mais le potentiel de l’accord est jugé «plus structurant» par un administrateur de La Poste, ce que tend à prouver aussi sa contrepartie en capital.
Dans le cas de Fédéris, LBP AM va devoir s’atteler à l’intégration d’une entité juridique distincte, avec laquelle une fusion est probable. «Nous espérons finaliser l’apport de Fédéris Gestion d’Actifs à La Banque Postale AM d’ici à fin 2015», précise Didier Brune. Une partie de l’effectif de Fédéris (49 personnes dont 18 gérants) pourrait rester chez Malakoff Médéric.
La structure apporte 26,6 milliards d’euros d’encours (à 84% en produits de taux), dont 5 à 6 milliards gérés pour le compte de l’Agirc-Arrco et menacés à terme de disparition. Outre sa clientèle d’institutions de retraite et de mutuelles, Fédéris donnera à son nouvel actionnaire une expertise ISR qui pesait 1,3 milliard fin 2014. En revanche, «cette opération ne répond pas à la question de la taille critique de La Banque Postale AM», note le même administrateur. Avec Fédéris, la filiale de gestion d’actifs de La Poste afficherait 170 milliards d’euros d’encours.
Plus d'articles du même thème
-
Audi s'apprête à construire sa première usine aux Etats-Unis
La marque haut de gamme du groupe Volkswagen a prévu d’investir 4 milliards de dollars en vue de produire jusqu’à 200.000 véhicules par an à partir de 2030. -
La BCE se dirige vers un statu quo sur fond d'envolée des spreads
D’un côté, la croissance résiste et l’inflation énergétique augmente. De l’autre, la hausse des taux longs prend le relais de la Banque centrale européenne dans le resserrement des conditions financières. L’institution devrait rester l'arme au pied jeudi, sans proposer d’intervenir sur les taux français. -
Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
L’insurtech, alliée pour l’occasion à Allianz, arrive première dans l’appel d’offres du contrat santé quinquennal destiné à couvrir les salariés des organismes de sécurité sociale. L’instance paritaire qui doit entériner ce choix a été démise de ses pouvoirs pour quelques semaines, le temps qu’une administratrice provisoire valide la décision.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
Contenu de nos partenaires
-
EruptifEmmanuel Macron et Sébastien Lecornu face aux crises : comment trouver la sortie ?
Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu doivent répondre aux revendications des lycéens et des syndicats alors que les violences peuvent à nouveau enflammer la France -
CitadelleA Orléans, le récit de « civilité » de Marine Le Pen et du RN à l’épreuve des tensions
Marine Le Pen a placé son lancement de campagne sous le signe de la « civilité », promettant concorde et apaisement. Mais les incidents se sont multipliés à Orléans -
EditoY a-t-il encore une place pour le camp des raisonnables ?
L'ignoble attentat raciste de Trappes a donné un tragique prolongement aux haines qui prospèrent dans une France polarisée et à bout de nerfs.