La responsabilisation pénale des banquiers outre-Manche fait naître la grogne
Trop, c’est trop ? Confronté depuis l’avènement de la crise financière aux assauts répétés d’autorités soucieuses de renforcer le cadre réglementaire, le secteur financier en appelle souvent à une pause dans cette course sans fin. C’est le cas en l’occurrence au Royaume-Uni, concernant plus précisément les velléités des régulateurs, Prudential Regulation Authority de la Banque d’Angleterre en tête, d’imposer une responsabilité accrue des dirigeants des groupes bancaires.
Selon diverses sources, à commencer hier par Sky News, deux membres indépendants du conseil d’administration de HSBC Bank, entité regroupant les activités britanniques du géant bancaire, auraient décidé de quitter le groupe. Le premier, Alan Thompson, membre des comités de risque et d’audit, aurait déjà démissionné, le second, le vice-président John Trueman, s’apprête à franchir le pas.
Si le régulateur a regretté que la responsabilité des individus n’était pas clairement définie, la grogne monte quant au zèle déployé. Les projets passent par la retenue voire le retour des bonus versés jusqu’à sept ans en arrière, et par la mise en cause pénale des dirigeants convaincus d’avoir conduit leur établissement à la déroute, du fait d’un comportement qui serait jugé irresponsable. Selon un banquier senior britannique cité par le Financial Times, «l’ensemble du secteur est inquiet. De nombreuses personnes disent qu’elles ne rejoindront pas le conseil d’administration d’une banque ou qu’elles n’y resteront pas». Le membre d’un conseil qualifie de «monstrueuse» cette nouvelle règle devant entrer en vigueur l’an prochain et prévoyant un emprisonnement pouvant aller jusqu’à sept ans.
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