La Fed épingle la filiale américaine de Deutsche Bank
Les mauvaises nouvelles s’accumulent pour Deutsche Bank. Sa filiale américaine s’est vue retoquée hier par la Réserve fédérale lors de la phase qualitative de ses tests de résistance (stress tests), limitant sa capacité à remonter du capital auprès de sa maison mère. La Fed a dénoncé «des déficiences généralisées et critiques», évoquant notamment ses fonctions de gestion du risque et ses données, ainsi que la méthodologie et les hypothèses employées par la banque pour calculer ses prévisions de revenus en période de troubles. L’échec de Deutsche Bank est d’autant plus sévère que les 17 autres banques scrutées par la Fed ont réussi l’épreuve. En moyenne, les banques ont été autorisées à distribuer à leurs actionnaires 95% des bénéfices qu’elles réaliseront cette année, a indiqué un responsable de la Fed.
Goldman Sachs et Morgan Stanley ne pourront toutefois pas relever leurs dividendes ou leurs plans de rachats d’actions pour le moment. La banque centrale a mis en avant «la réduction exceptionnelle de leur capital due à la réforme fiscale», qui «ne reflète pas la performance d’une société en période de stress». Les deux banques doivent donc renforcer leurs capitaux avant de pouvoir augmenter leur distribution aux actionnaires. State Street devra de son côté prendre des mesures pour mieux gérer son exposition aux contreparties. JPMorgan, American Express, M&T Bank et Keycorp ont par ailleurs soumis de nouveaux plans de rémunération des actionnaires moins ambitieux pour obtenir l’aval de la Fed.
De nombreuses banques ont rapidement annoncé une augmentation de leurs dividendes et/ou de leur programme de rachat d’actions. JPMorgan a déclaré vouloir augmenter son dividende trimestriel à 80 cents par action, au lieu de 56 cents, et racheter près de 20,7 milliards de dollars de ses propres titres. American Express relèvera pour sa part son dividende trimestriel de 11%, à 39 cents par action, et rachètera jusqu'à 3,4 milliards de dollars d’actions. Citigroup distribuera au total 22 milliards à ses actionnaires en augmentant son dividende de 32 à 45 cents par action et en rachetant jusqu'à 17,6 milliards de dollars d’actions. Wells Fargo augmente quant à elle son dividende trimestriel de 29 à 43 cents par action et compte racheter jusqu'à 24,5 milliards de dollars d’actions. Bank of America va également faire progresser son dividende de 25%, à 15 cents par action, et pourra désormais racheter jusqu'à 20,6 milliards de dollars d’actions.
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