La cession partielle de VTB ouvre le programme de privatisations de Moscou
Plus de 25 ans après la Perestroïka, l’Etat russe relance la vente de ses bijoux de famille. Dans le cadre du vaste programme de privatisations de 42 milliards d’euros sur cinq ans, Moscou a levé 95,7 milliards de roubles (2,38 milliards d’euros) grâce à la cession de 10% du capital de la banque VTB au prix de 6,25 dollars par action ordinaire. Un prix proche de celui qui prévalait vendredi à la Bourse de Moscou, de 6,27 dollars. A l’issue de l’opération, l’Etat détiendra encore 75,5% de VTB. «Grâce à l’intérêt considérable des investisseurs russes et étrangers pour les titres de la banque, la demande était deux fois supérieure à l’offre» indiquait le communiqué. Generali aurait manifesté son intention de souscrire à cette opération, dirigée par Deutsche Bank, Merrill Lynch et VTB Capital, à hauteur de 300 millions de dollars. Le fonds américain TPG aurait investi 100 millions.
Le gouvernement a démenti la rumeur de mise en vente de 10% supplémentaires au cours de l’année qui avait fait chuter l’action de VTB de 17% depuis fin janvier. Du coup, le titre a gagné plus de 3% en séance lundi, valorisant la banque à environ 26 milliards d’euros. Une valorisation toutefois inférieure à celle de la première cession de titres en 2007 : les actions avaient été placées à 10,56 dollars pièce et l’Etat russe avait levé 8 milliards de dollars. Cette fois, le contexte est moins favorable. Pour preuvre, les IPO de trois sociétés privées russes (Nord Gold, Koks et ChelPipe) ont été annulées sur le marché londonien la semaine dernière, du fait de valorisations trop chères et de la méfiance des investisseurs. La cession de parts dans Sberbank devrait également intervenir cette année ou début 2012.
VTB cherche à réduire son exposition au financement d’entreprises, qui a creusé ses pertes en 2008 et 2009. La création en 2008 de VTB Capital, qui contribue aujourd’hui à hauteur de 15% des revenus du groupe grâce à une position dominante dans les levées de fonds, ainsi que les acquisitions de Transkreditbank et de Bank of Moscow, ont permis de regagner la confiance des investisseurs. L’établissement russe prévoit un résultat record de 1,7 milliard de dollars en 2010 et de 2,7 milliards en 2011. La banque a annoncé vendredi le lancement d’une émission de 750 millions de dollars d’obligations européennes de maturité 7 ans au taux de 6,135%.
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