La Banque Postale donne un coup d’accélérateur à son activité d’affacturage
Grâce aux commandes de l’Etat, la Banque Postale va faire entrer son activité embryonnaire d’affacturage dans une autre dimension. La filiale de La Poste a remporté en février l’appel d’offres lancé par l’Union des groupements d’achats publics (Ugap), la centrale d’achat nationale placée sous la double tutelle des ministères du Budget et de l’Education, qui a passé plus de 2 milliards d’euros de commandes en 2014.
La banque mettra à la disposition des fournisseurs de l’Ugap une solution d’affacturage dit «collaboratif», une initiative qui s’inscrit aussi dans la volonté de l’Etat d’améliorer la trésorerie des PME.
«L’affacturage collaboratif ressemble à de l’affacturage inversé, à deux différences près: l’Ugap proposera ce service à ses fournisseurs sans le leur imposer, et ceux-ci pourront choisir les factures qu’ils mobilisent en fonction de leurs besoins de trésorerie. Ainsi les fournisseurs de l’Ugap ne sont-ils pas obligés de demander le financement de l’intégralité de leur chiffre d’affaires», explique Daniel Darne, directeur de cette activité à la Banque Postale. L’offre devrait être disponible en mai.
L’identité du client – l’Etat – garantit un coût du risque minime, même si un litige avec un fournisseur est toujours possible. D’où des conditions plus avantageuses qu’une solution d’affacturage classique, avec des commissions de financement qui pourraient être divisées par trois. «Nous bénéficierons d’une validation préalable de la facture par l’Ugap et aurons donc la certitude que les créances sont fiables. Cela nous permettra de financer 95% à 97% d’une facture, là où un factor classique se limite à 90% pour constituer un fonds de garantie de 10%», souligne Daniel Darne.
La Banque Postale ne communique pas d’objectifs chiffrés. Mais en estimant que 50% des commandes de l’Ugap, réglées à 30 jours, seraient concernées, l’encours de créances d’ici 6 à 8 mois pourrait atteindre une centaine de millions d’euros. Un bond par rapport aux 38 millions d’euros au bilan fin 2014.
A l’échelle du marché français, soit 227 milliards de créances financées l’an dernier, la filiale de La Poste reste un tout petit acteur. L’activité, lancée en 2013, s’appuie sur les usines de gestion de CM-CIC Factor. L’annonce de la Banque Postale coïncide avec celle des six propositions de l’Association française des sociétés financières (ASF), dévoilées hier lors d’un colloque. Parmi celles-ci, intégrer l’affacturage dans la commande publique ou relancer la cession bail.
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