Josef Ackermann prend ses distances avec Deutsche Bank
Volte-face spectaculaire chez Deutsche Bank. La première banque allemande a indiqué hier soir que Josef Ackermann ne rejoindrait pas son conseil de surveillance à compter de mai 2012. L’actuel président du directoire, qui sera remplacé par un tandem composé d’Anshu Jain et Jürgen Fitschen, juge que les conditions très difficiles sur les marchés et en matière de régulation financière nécessitent sa « totale implication » et ne lui laissent pas le temps de conduire «les nombreux entretiens individuels avec les actionnaires» en vue de sa nomination. Ce scénario devait assurer la continuité à la tête du groupe bancaire.
Une explication pourrait résider dans les règles allemandes de gouvernance d’entreprise. Pour que Josef Ackermann prenne la direction du conseil de surveillance sans un délai de carence de deux ans, il lui fallait le soutien d’au moins un quart des actionnaires. En clair : Josef Ackermann ne semblait pas assuré de disposer d’un soutien suffisant à sa candidature. «Avec regret, le conseil de surveillance prend acte de cette décision et la respecte», a indiqué Deutsche Bank. La banque proposera à sa place la nomination de Paul Achleitner, membre du directoire d’Allianz.
Coïncidence ou pas, l’annonce intervient le jour de la révélation d’une perquisition opérée la semaine dernière au sein des bureaux de dirigeants de l'établissement et de son service juridique. Les investigations s’inscrivent dans le cadre de l’affaire judiciaire opposant la banque au magnat des médias Leo Kirch. Le procès s’est poursuivi à Munich après sa mort en juillet, à l'âge de 84 ans, et les soupçons du bureau du procureur, notamment à l’encontre de Josef Ackermann, se portent aujourd’hui sur une supposée conduite illégale en lien avec le procès.
En tout état de cause, Josef Ackermann quittera le directoire de la Deutsche Bank, qu’il préside depuis 2002, après l’assemblée générale des actionnaires en mai 2012, a précisé la banque. Le processus de transition vers la présidence duale de Jürgen Fitschen et Anshu Jain démarrera quant à lui début 2012, comme prévu. Vu la proximité entre le patron de Deutsche Bank et Axel Weber, le prochain président d’UBS, la banque suisse a démenti hier tout projet de nomination de Josef Ackermann à sa tête.
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