HSBC installe un comité du parti communiste dans sa banque d’investissement en Chine
Le sort des entreprises étrangères en Chine est en train de basculer. En témoigne la récente décision de HSBC d’installer un comité du parti communiste au sein de sa banque d’investissement locale, HSBC Qianhai Securities, révélée ce jeudi 21 juillet par le Financial Times.
Une loi de 1993 impose aux entreprises opérant en Chine, domestiques comme étrangères, d’autoriser la création de ces comités composés de membres seniors du parti communiste chinois. Jusqu’ici, les entreprises étrangères avaient réussi à se soustraire à la présence d’une telle cellule dans leurs murs… Mais, depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping et son ambition de faire de la Chine une grande puissance mondiale, la volonté de contrôle de Pékin sur le secteur privé s’est fortement accrue.
La décision de HSBC intervient alors qu’elle a augmenté en avril dernier sa part au capital de la banque d’investissement chinoise de 51% à 90%. Elle fait également suite à la pression de son premier actionnaire, l’assureur Ping An, qui réclame une scission des activités asiatiques de la banque britannique, en vue, affirme-t-il, de délivrer davantage de valeur. Faut-il y voir un signal envoyé à Pékin, alors que de nombreux observateurs soulignent qu’une telle séparation ne répondrait pas à une logique industrielle mais à des pressions politiques ?
Etant donné le secret entretenu par les autorités chinoises, il est difficile de dire avec certitude combien d’entreprises étrangères ont, à ce jour, ouvert leurs portes aux membres du parti communiste. D’après le Financial Times, aucune banque occidentale n’aurait encore installé de tels comités, mais HSBC pourrait entraîner dans son sillage les autres groupes présents en Chine, dont Goldman Sachs, JPMorgan, Credit Suisse, Morgan Stanley, UBS ou encore Deutsche Bank.
Les comités du Parti communiste chinois jouaient à l’origine un rôle de représentation des salariés. Mais leur influence s’est progressivement développée. En septembre 2020, le comité central du parti a présenté de nouvelles instructions demandant aux entreprises privées de revoir leur gouvernance pour y introduire « des caractéristiques chinoises ». Les comités du parti communiste disposent notamment d’un droit de regard sur la gestion des ressources humaines et les nominations. Pour l’heure, des sources proches de HSBC affirment au Financial Times qu’il n’est pas question de promouvoir des membres du parti communiste à la tête de son activité en Asie.
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