Heta a contribué à faire basculer les comptes annuels de BayernLB dans le rouge
La déroute de Heta Asset Resolution, la «bad bank» issue de la banque autrichienne nationalisée Hypo Alpe Adria, fait plonger les comptes de BayernLB. La banque munichoise a essuyé une perte nette de 1,32 milliard d’euros en 2014, contre un profit de 127 millions d’euros en 2013, après avoir comptabilisé une dépréciation de plus de 1,2 milliard d’euros liée à Heta Asset Resolution.
«C’est une étape importante, nous mettons un terme à des problèmes hérités de la crise financière», a commenté Johannes-Joerg Riegler, le patron de la banque bavaroise. Ce montant correspond à la moitié des créances que BayernLB détient vis-à-vis de la «bad bank», privée du soutien du contribuable autrichien depuis début mars.
Cette mesure pourrait signifier des pertes de plus de 40% pour les créanciers seniors qui détiennent plus de 10,2 milliards d’euros de dette garantie par le land de Carinthie, que Vienne refuse également de soutenir. Hormis le cas de Düsseldorfer Hypothekenbank, établissement racheté par un consortium bancaire allemand, la dépréciation de BayernLB est la plus importante annoncée par un investisseur de Heta depuis le moratoire imposé par le gouvernement le 1er mars.
Au moins douze prêteurs allemands ont fait état d’une exposition à Heta. Selon la banque centrale allemande, le montant total des engagements s'élève à 5,5 milliards d’euros. Cette décision du gouvernement autrichien est lourde d’implications potentielles pour les quelque 1.300 milliards d’euros de dette garantie par la puissance publique en zone euro. Le président du directoire de Raiffeisen Bank International, Karl Sevelda, a estimé que la valeur d’une garantie publique devait être juridiquement sans ambiguïté.
Pour BayernLB, l’exercice 2014 a également été marqué par une charge de 1,07 milliard d’euros associée à la cession de MKB Bank à la Hongrie. A la suite de ces éléments exceptionnels, le ratio de solvabilité core tier one est redescendu à 10,2% fin 2014. Sur la plan opérationnel, la machine fonctionne toutefois sans accroc puisque le bénéfice avant impôt des «métiers cœur» a grimpé de 41% à 669 millions d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
«Notre crainte est que le marché du crédit reste volatil»
Benoist Grasset, gérant high yield chez Generali Investments -
«Les marchés ne semblent pas croire à une appréciation durable du yen»
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. -
« La prudence des investisseurs sur les actifs français peut durer jusqu’au printemps »
Julien-Pierre Nouen, directeur des études économiques et de la gestion diversifiée, Lazard Frères Gestion.
ETF à la Une
Le régulateur suisse autorise le premier ETF investi sur le bitcoin
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
Contenu de nos partenaires
-
Choix PublicsTenir les principes quand tout vacille
La France de 2026 est marquée par une triple corruption des principes de sa constitution politique, qui trouve sa source et sa force dans le projet, puis les lacunes, de l’Etat-Providence. -
« Nous voulons des élections maintenant ! » : au Venezuela, une opposition divisée sur fond de négociations avec le gouvernement
Depuis l'intervention des Etats-Unis, deux oppositions cohabitent au Venezuela. L'une, cooptée par Washington, négocie une transition démocratique avec le gouvernement chaviste. L'autre, soutenue par les Vénézuéliens mais écartée des tractations, organisent des manifestations pour se faire entendre du pouvoir. -
A Orléans, un RN dans sa bulle célèbre la réélection de Jordan Bardella
Les cadres du parti ont déroulé la première journée de leur Congrès dans une pleine satisfaction, peinant à cacher leur optimisme pour la présidentielle à venir