DiDi tente le pari des services financiers
Cela ressemble à un pari à quitte ou double pour l’Uber chinois. DiDi Chuxing, le service de véhicule de transport avec chauffeur (VTC), a ajouté mercredi à son application une série de produits financiers tels que de l’assurance automobile, des prêts personnels et de l’assurance santé. Cette diversification dans les services financiers, également accessible à travers l’application DiDi Finance, fait du groupe un concurrent direct de géants chinois déjà reconnus sur leur marché, comme Ant Financial et les plates-formes WeBank et WeSure de Tencent.
DiDi s’adresse plus particulièrement aux travailleurs précaires ou de statut équivalent à celui des autoentrepreneurs, notamment avec son assurance médicale. Il a testé sa nouvelle offre financière dans dix villes courant 2018 avant d’annoncer cette semaine son déploiement à l’échelle nationale.
Sérieuses déconvenues l’an passé
Le groupe espère exploiter toute la richesse des données de ses clients pour apprécier leur niveau de revenus et leur qualité de crédit. Reste que la manœuvre apparaît largement défensive. DiDi aura-t-il le temps et les compétences pour tirer tous les bénéfices de cette diversification, alors qu’il a connu de sérieuses déconvenues en 2018 sur son cœur de métier ? En l’espace de trois mois, deux passagers qui avaient utilisé le service de covoiturage du groupe en Chine, Hitch, ont été assassinés, ce qui a contraint DiDi à s’excuser publiquement et à suspendre cette application. Sommée par les autorités de prendre ses responsabilités, l’entreprise a annoncé début décembre une vaste réorganisation, avec notamment la création de deux postes de responsables de la sécurité.
Le service de VTC, qui compte Uber et Softbank à son capital, doit également composer avec des règles plus strictes en Chine en matière de droit du travail. Les gouvernements locaux obligent le groupe à recruter des travailleurs locaux à Pékin et à Shanghai, et depuis le 1er janvier, tous ses conducteurs doivent passer un test d’aptitude et obtenir une licence pour exercer leur activité. Contraint dans ses capacités de recrutement et donc dans sa croissance, DiDi voit aussi les mastodontes Alibaba et Tencent – à l’origine de la création du groupe – continuer à s’attaquer au marché des mobilités nouvelles avec des applications telles qu’AutoNavi.
Le groupe, qui revendique 550 millions d’utilisateurs dans le monde, contrôle environ 90% du marché chinois des VTC.
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