Deutsche Bank solde au prix fort le dossier de la manipulation du Libor
La sanction est tombée et elle est lourde. Trois ans après les premières sanctions adoptées à l’encontre de Barclays et d’UBS dans le cadre des enquêtes sur des manipulations du Libor, Deutsche Bank a écopé jeudi d’une amende record de 2,5 milliards de dollars (2,3 milliards d’euros) auprès des autorités américaines et britanniques.
Outre la sanction pécuniaire, dont l’ampleur a conduit la banque allemande à annoncer de nouvelles provisions pour litiges, l’accord prévoit également le plaider-coupable de la filiale londonienne du groupe et le licenciement de 7 salariés.
«Entre 2003 et début 2011 au moins, de nombreux traders de produits dérivés de Deutsche Bank – dont la rémunération était déterminée par leurs opérations sur des produits liés au Libor – se sont évertués à faire évoluer ces taux de référence en leur faveur», souligne le département de la Justice américain, qui recevra 775 millions de dollars. Egalement impliqués dans l’enquête, le département des Services financiers et la CFTC recevront respectivement 600 et 800 millions de dollars.
Côté britannique, la FCA a statué sur une amende de 227 millions de livres (341 millions d’euros) compte tenu du rabais de 30% octroyés aux établissements coopératifs. «Les investigations ont été complexifiées et retardées car Deutsche Bank n’a pas réussi à fournir dans les temps des informations précises et complètes», indique néanmoins le régulateur, qui cite notamment la destruction de 482 enregistrements de conversations téléphoniques.
Attendue depuis plusieurs mois, la sentence des autorités est plus lourde que le chiffre de 1,5 milliard de dollars encore évoqué il y a dix jours par le New York Times. Conséquence, alors que Deutsche Bank avait mis en réserve à fin décembre 3,2 milliards d’euros pour frais de litige, la banque allemande a indiqué mercredi qu’elle provisionnerait encore 1,5 milliard au premier trimestre.
Contrairement aux fraudes sur le Forex, qui ont rapidement abouti à des amendes massives, le dossier du Libor a mis du temps à se décanter. la mise au jour dès 2010, des soupçons de déclarations biaisées du panel de banques déterminant les taux Libor n’a abouti aux premières sanctions qu’en 2012, quand UBS et Barclays avaient écopé respectivement de 1,5 milliard et de 450 millions de dollars d’amendes. Selon Bloomberg, les pénalités totalisent aujourd’hui 9 milliards de dollars.
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