Commerzbank veut enfin commencer à rembourser les aides de l’Etat
Commerzbank a semé la confusion hier, publiant à la fois un bénéfice et une perte. Selon les règles comptables IFRS, la deuxième banque allemande a réussi le tournant l’an dernier, passant d’une perte de 4,5 milliards d’euros en 2009 à un résultat net de 1,4 milliard en 2010. Selon les règles comptables allemandes (HGB) en revanche, elle reste dans le rouge, affichant une perte de 1,2 milliard d’euros, en raison d’une dépréciation de 1,9 milliard sur sa filiale de financement immobilier Eurohypo.
Martin Blessing, le patron de Commerzbank, explique le recours à cette double comptabilité par la législation sur les aides publiques. Car d’après la loi allemande, la banque ne doit pas verser d’intérêts sur ces aides en cas de résultat négatif selon les règles HGB. A en croire les experts, Commerzbank réalise ainsi une économie d’environ 150 millions d’euros par an, sachant que l’Etat lui demande 9% d’intérêts sur les aides reçues.
Consciente de l’irritation que provoque cette double comptabilité, Commerzbank veut commencer cette année à rembourser une première tranche des 16,2 milliards d’euros de fonds publics reçus durant la crise. «Nous voulons rembourser une partie significative» des aides en 2011, a déclaré Martin Blessing hier, «au moins 10%» du montant perçu. Par la voix de son ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, l’Etat fédéral demande depuis plusieurs mois aux dirigeants de Commerzbank de se donner enfin les moyens nécessaires pour lui rendre l’argent versé en 2008. Mais l’augmentation de capital dont Commerzbank aurait besoin pour rendre les quelque 18 milliards (aides et participation directe comprise) qu’elle a touchés, se fait toujours attendre.
En attendant, les affaires vont mieux pour Commerzbank. Sa principale activité, le conseil et le financement de PME, a tiré parti de la forte reprise économique constatée en Allemagne, réussissant la meilleure performance de son histoire avec un résultat opérationnel de 1,6 milliard. La banque à réseau, en revanche, souffre toujours des coûts engendrés par la fusion avec Dresdner Bank. Alors que le nombre de clients a dépassé les 11 millions, le résultat opérationnel est revenu à seulement 48 millions d’euros.
Pour cette année la banque vise un bénéfice opérationnel supérieur à celui de 2010, grâce notamment à une réduction des provisions. Et la banque à réseau doit enfin générer les effets de synergie attendus.
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